Je ne peux rester indifférent face aux révélations concernant les pratiques de recrutement au ministère de la Santé et de l’Action sociale.
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Suite de l’article : L’article mettant en cause le ministre Ibrahima Sy, accusé par le député Guy Marius Sagna de privilégier l’ordre de dépôt des dossiers plutôt que le mérite académique, m’a profondément interpellé. Je prends parti contre cette dérive, car elle menace l’équité et la crédibilité de nos institutions.
Le Sénégal, comme beaucoup de pays africains, lutte pour une administration transparente. Dans un secteur aussi vital que la santé publique, où chaque décision impacte des vies, la confiance dans les processus de recrutement est cruciale. Pourtant, l’histoire nous montre que les accusations de favoritisme ou de manque de transparence ne sont pas rares. À Madagascar, par exemple, le système « ampahibemaso » (recrutement public) a été salué comme une avancée, mais il reste entaché de soupçons persistants. Au Mali, malgré des efforts de rigueur, 150 postes sont restés vacants en 2026, révélant les limites des réformes. Notre pays ne peut se permettre de répéter ces erreurs.
L’affaire dénoncée par Guy Marius Sagna est édifiante. Selon lui, dix agents, dont six travailleurs sociaux, auraient été recrutés en 2024 sur la base de l’ordre de dépôt des dossiers, et non du classement académique. Pire, les services concernés auraient d’abord sollicité les listes d’admission de l’ENTSS pour 2022, 2023 et 2024, avant de minimiser l’importance des résultats. Comment un gouvernement qui organise des concours peut-il ensuite ignorer le mérite ? Cette incohérence discrédite non seulement le ministère, mais aussi l’ensemble de l’administration publique.
Le député va plus loin en évoquant le financement des Centres de promotion et de réinsertion sociale (CPRS), qui n’auraient toujours pas reçu leur dotation budgétaire de 188,748 millions de FCFA pour 2025. C’est le symptôme d’une gestion opaque, où les priorités semblent dictées par des logiques obscures plutôt que par l’intérêt général.
Premièrement, le mérite doit primer. Les étudiants de l’ENTSS ont passé des années à se former, avec l’espoir légitime que leurs efforts soient reconnus. Les écarter au profit de ceux qui ont « mieux » déposer leur dossier, c’est trahir leur confiance et décourager l’excellence.
Deuxièmement, la transparence n’est pas négociable. Guy Marius Sagna demande à juste titre la publication des critères de sélection et l’ouverture d’une enquête. Dans un État de droit, les citoyens ont le droit de savoir comment sont dépensés leurs impôts et comment sont pourvus les postes publics. Le silence ou les réponses évasives ne font qu’alimenter les rumeurs de corruption.
Enfin, les comparaisons internationales sont accablantes. Au Mali, malgré des milliers de candidats pour 824 postes, des efforts de transparence ont été engagés. Au Sénégal, on semble reculer. Est-ce cela, la « nouvelle gouvernance » promise ?
Je le dis sans détour : cette polémique n’est pas une simple querelle politique, mais un test pour notre démocratie. Le ministre Ibrahima Sy a l’opportunité de rétablir la confiance en clarifiant les critères de recrutement, en publiant les listes des sélectionnés, et en garantissant que le mérite et la transparence guident chaque décision.
Le Sénégal mérite mieux que des nominations opaques et des justifications bancales. Je réitère mon parti pris : sans équité et sans transparence, la gouvernance en santé publique sera toujours suspecte. Et c’est inacceptable.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 18/06/2026
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