PASTEF : Pourquoi le départ de Makane Diop n'inquiète pas - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Maimouna | Publié le 20/06/2026 12:06:00

 PASTEF : Pourquoi le départ de Makane Diop n'inquiète pas

L’article relatant la démission de Makane Diop du PASTEF a été présenté comme un tremblement de terre politique.

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Suite de l’article : Pourtant, je ne peux m’empêcher de penser qu’il s’agit là d’un non-événement, d’une tempête dans un verre d’eau. Oui, Makane Diop a quitté le parti, dénonçant une « dérive autocratique ». Mais franchement, qui connaît vraiment cet homme en dehors des cercles militants de Mbour ? Et surtout, quel impact réel son départ peut-il avoir sur le PASTEF ou la vie politique sénégalaise ?

Makane Diop est présenté comme une figure historique du PASTEF à Mbour, avec des titres impressionnants : coordonnateur adjoint, secrétaire général de la Jeunesse patriotique, plénipotentiaire, conseiller municipal… Des fonctions qui, aussi prestigieuses soient-elles, restent locales. Le PASTEF, parti fondé en 2014 par Ousmane Sonko, est aujourd’hui une machine politique bien huilée, portée par des figures nationales comme Bassirou Diomaye Faye, qui, lui, a réellement construit le parti de ses mains, comme il l’a revendiqué publiquement. Dans ce contexte, le départ d’un militant, aussi engagé soit-il, ne pèse pas lourd dans la balance.

Dans sa lettre, Makane Diop dénonce une gouvernance verticale, un culte de la personnalité, et une allégeance aveugle imposée. Des critiques graves, mais qui sonnent comme un écho lointain des débats internes que connaissent tous les partis politiques, au Sénégal comme ailleurs. Le PASTEF, comme beaucoup d’autres formations, a évolué. Il est passé d’un mouvement militant à un parti au pouvoir, avec les inévitables tensions que cela implique. Mais de là à en faire un scandale national, il y a un pas que je ne franchirai pas. Les idéaux de démocratie interne et de collégialité sont nobles, mais ils s’effritent souvent face à la réalité du pouvoir. Est-ce une surprise ? Non. Est-ce une exclusivité du PASTEF ? Non plus.

Premièrement, qui connaît Makane Diop ? Son nom ne résonne pas au-delà de Mbour. Deuxièmement, les démissions de militants déçus sont monnaie courante dans la vie des partis. En 2024, Franck Daddy Diatta a quitté le PDS pour le PASTEF, sans que cela ne fasse trembler les murs de la République. Troisièmement, le PASTEF reste solidement ancré, avec une base militante fidèle et des leaders charismatiques comme Sonko et Faye. Enfin, les accusations de « dérive autocratique » ne sont pas nouvelles : elles accompagnent souvent l’ascension des partis d’opposition vers le pouvoir. Le PDS, l’APR, et bien d’autres ont connu les mêmes critiques. Alors, pourquoi ce départ mériterait-il une couverture médiatique exceptionnelle ?

Au Sénégal, comme en Afrique de l’Ouest, les partis politiques sont souvent des machines où la loyauté prime sur la dissidence. Au PDS, sous Wade, les démissions étaient fréquentes, mais le parti tenait bon. En Côte d’Ivoire, au RHDP, les tensions internes n’ont pas empêché Alassane Ouattara de rester au pouvoir. Le PASTEF n’échappe pas à cette règle. La centralisation du pouvoir est un phénomène universel, et le départ d’un militant, aussi sincère soit-il, ne change rien à cette dynamique.

Les recherches confirment que Bassirou Diomaye Faye a lui-même écrit les statuts et le règlement intérieur du PASTEF, et qu’il a structuré presque tous ses mouvements. Makane Diop, malgré son engagement, n’apparaît pas comme un pilier incontournable. Les départs de figures locales, même symboliques, n’ont jamais ébranlé les grands partis sénégalais. Le PASTEF, aujourd’hui au gouvernement, suit cette même logique : l’union fait la force, mais l’union se fait souvent autour d’un leader fort.

Je ne nie pas la sincérité de Makane Diop. Ses critiques sont peut-être justes, mais elles ne sont ni originales ni décisives. Son départ est un épisode de plus dans la vie mouvementée des partis politiques, rien de plus. Le PASTEF survivra à cette démission, comme il a survécu à d’autres. Alors, non, ce n’est pas un tremblement de terre. C’est tout au plus une brise légère dans un océan agité. Et franchement, ça ne mérite pas un article.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 20/06/202
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