Macky Sall à l’ONU : Qui est vraiment Aminata Touré pour juger ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Maimouna | Publié le 14/06/2026 12:06:00

Macky Sall à l’ONU : Qui est vraiment Aminata Touré pour juger ?

L’entretien accordé par Aminata Touré à Russia Today sur une éventuelle candidature de Macky Sall à l’ONU a de quoi laisser perplexe. Alors que la question divise et passionne, l’ancienne Première ministre a choisi de botter en touche, préférant évoquer des priorités économiques.

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Suite de l’article : Je ne peux m’empêcher de m’interroger : quelle est la force politique qui lui permet de s’ériger en conscience morale du Sénégal, alors que sa propre représentativité semble aussi floue que ses prises de position ?

Aminata Touré, aujourd’hui Haute représentante du président Bassirou Diomaye Faye et superviseure de la Coalition Diomaye Président, a longtemps été une figure centrale du pouvoir sous Macky Sall. Première ministre en 2013-2014, elle a ensuite rompu avec lui pour rejoindre l’opposition. Pourtant, son parti, le Mouvement pour le socialisme et l’unité (MSU), peine à peser dans le paysage politique actuel. Pire, en 2023, elle a été déchue de son mandat de députée pour avoir quitté le parti sous les couleurs duquel elle avait été élue. Une déchéance symbolique qui interroge sur sa capacité à incarner une alternative crédible.

Dans le même temps, Macky Sall, malgré son départ de la présidence, reste une figure incontournable. Son parti, l’Alliance pour la République (APR), conserve une influence certaine, et sa candidature à l’ONU suscite des soutiens au-delà des frontières sénégalaises. Des formations politiques comme l’Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC) ou la Renaissance Républicaine ont même officiellement apporté leur appui, soulignant que cette ambition « dépasse les rivalités politiques internes ».

La réponse d’Aminata Touré à Russia Today est révélatrice. Elle esquive le débat sur Macky Sall en invoquant des « urgences économiques », comme si le sujet était indigne de son attention. Pourtant, cette même personne n’a pas hésité, par le passé, à multiplier les sorties médiatiques pour s’opposer fermement à cette candidature. Pourquoi ce revirement ? Pourquoi ce silence soudain, alors qu’elle s’était posée en opposante acharnée ?

Son argument selon lequel « ce n’est pas [elle] qui décide » est un aveu d’impuissance. Si elle n’a pas le pouvoir de peser sur ce dossier, pourquoi s’était-elle autant investie auparavant ? Et surtout, quelle légitimité a-t-elle pour parler au nom des Sénégalais quand son propre parti ne compte ni maire, ni député, et que son nom est à peine connu en dehors des cercles politiques ?

Premièrement, la légitimité politique se mesure à l’aune du soutien populaire. Or, Aminata Touré n’a pas su fédérer autour d’elle une base électorale solide. Son parti, le MSU, est quasi inexistant dans les institutions, et son alliance actuelle avec Bassirou Diomaye Faye semble plus opportuniste que porteuse d’un projet clair. À l’inverse, Macky Sall, malgré les controverses, a dirigé le Sénégal pendant douze ans et conserve une assise nationale et internationale. Son parti, l’APR, reste structuré et actif, comme en témoignent les récentes nominations au sein de sa formation pour « rajeunir » son image et peser face au PASTEF.

Deuxièmement, son parcours politique est marqué par des revirements qui nuisent à sa crédibilité. Proche collaboratrice de Macky Sall, puis opposante virulente, elle a finalement rejoint le camp du nouveau président, Bassirou Diomaye Faye. Une telle instabilité interroge : quelles convictions défendra-t-elle demain ? Enfin, son argument selon lequel « une Sénégalaise ou une femme, ce serait bien aussi » pour le poste de Secrétaire général de l’ONU sonne comme une tentative de détourner l’attention. Pourtant, les Sénégalais attendent avant tout des solutions concrètes à leurs problèmes quotidiens : emploi des jeunes, stabilité économique, accès aux soins.

Cette situation rappelle celle d’autres figures politiques africaines qui, après avoir quitté le pouvoir, tentent de rester pertinentes en s’appuyant sur des alliances fragiles. Au Ghana, par exemple, les anciens dirigeants comme John Mahama conservent une base militante solide et une influence durable. En Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, malgré les polémiques, reste un acteur clé grâce à son parti, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), solidement implanté. Aminata Touré, elle, semble naviguer à vue, sans ancrage clair.

Je ne conteste pas le droit d’Aminata Touré à s’exprimer. Mais la démocratie exige plus que des déclarations : elle exige une légitimité forgée dans l’urne et une cohérence dans l’action. Avant de critiquer Macky Sall ou de se poser en gardienne des intérêts nationaux, elle gagnerait à clarifier sa propre posture. Car aujourd’hui, entre ses revirements, son manque de base populaire et ses alliances opportunistes, c’est sa crédibilité qui pose question — bien plus que celle de l’ancien président.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 14/06/202
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