Je suis outré que la prescription de l’action publique dans l’affaire opposant Awa Baldé à Aziz Ndiaye serve d’alibi pour clore un dossier sans que la responsabilité pénale n’ait été réellement confrontée.
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Suite de l’article : La décision du 23 juillet 2026 montre que la procédure peut devenir un havre pour les puissants. Permettre à un litige ancien d’échapper à l’examen, c’est choisir la protection des intérêts plutôt que la quête de la vérité.
Le dossier comporte des éléments concrets et déroutants: un terrain de plus de 7 000 m² à Ngaparou, des montants évoqués allant de 50 millions à 125 millions de FCFA, une plainte déposée en décembre 2025 pour des faits qui remontent à 2018, puis la prononciation de la prescription par le tribunal correctionnel. Après une enquête de la Division des investigations criminelles et un classement sans suite du Pool judiciaire financier, la plaignante a saisi directement le tribunal par citation directe; la défense a produit des actes et des quittances, soulevé la prescription, et la porte pénale s’est refermée.
Je refuse d’admettre que la justice se contente d’arithmétique procédurale quand il s’agit d’allégations de tromperie et de promesses non tenues. Quand le temps légal devient l’outil privilégié pour écarter les poursuites, la balance penche en faveur de celui qui peut attendre et payer. Les acteurs dotés de moyens financiers transforment la complexité des règles en stratégie de protection: ils multiplient les pièces, invoquent les délais, déplacent le débat vers le terrain civil, et obtiennent la disparition du risque pénal.
Cette mécanique ressemble à un jeu où la règle écrite prime sur la justice humaine, comparable à une partie de Monopoly où l’on achète la durée pour préserver son patrimoine. Les victimes, qui n’ont ni relais ni trésorerie, se retrouvent débordées par des procédures dont l’effet est d’étouffer leur récit. Le dossier révèle aussi la facilité avec laquelle des éléments matériels — procuration, acte de vente, quittances — peuvent neutraliser une poursuite, quand l’enquête initiale n’a pas verrouillé toutes les pistes.
La défense a argué que la transaction avait été réglée au prix de 50 millions et a produit des décharges; le prévenu a affirmé que la plaignante disposait seulement d’une procuration et que le bien appartenait à un ancien époux. J’entends ce type d’arguments comme des façades juridiques qui neutralisent la mise en lumière des faits répréhensibles. Le résultat atteint ici dépasse le cas individuel: il expose un système où le tempo procédural fait office d’extincteur pour les contestations gênantes.
Le processus adopté, des investigations initiales au classement puis à la citation directe, met en lumière une faiblesse structurelle: la persistance d’écarts d’accès à la justice selon les moyens. Ce constat ne vise pas seulement des personnes ou une affaire précise, il questionne la capacité de l’appareil judiciaire à garantir un égal traitement entre un plaignant sans ressources et un accusé nanti de conseils habiles.
Je reste convaincu que la prescription ne doit pas être le refuge des responsables apparents lorsque la vérité mérite d’être éclairée. Tant que les délais et les procédures permettront aux plus puissants d’attendre que la cause s’éteigne, la confiance collective en la justice continuera de se fissurer, et les victimes continueront de payer le prix de ces failles.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 07/08/2026
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