Pape Samba Mboup, ancien chef de cabinet de la Présidence, a déclaré dans un entretien que, sous la présidence d’Abdoulaye Wade (2000-2012) au Sénégal, des fonds politiques étaient distribués chaque mois à des alliés par Iba Der Thiam afin de maintenir la cohésion de la majorité.
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Suite de l’article : Il a expliqué que ces ressources servaient aussi à l’entretien du parti et au soutien des militants.
Ces révélations concernent une pratique ancienne mais révélatrice des mécanismes de gouvernance pendant la décennie Wade. Le propos situe la logique politique: faute de pouvoir donner des postes à tous, le pouvoir utilisait des ressources discrètes pour conserver des soutiens.
Les éléments fournis décrivent un circuit informel de redistribution: des fonds publics ou para-publics, présentés comme fonds politiques, auraient été collectés puis versés mensuellement à des relais politiques. Selon Mboup, « c’est Iba Der Thiam qui venait chaque mois récupérer l’argent des alliés ». Ce type d’usage transforme des crédits destinés à la vie partisane en une caisse d’appoint pour clients et affiliés, avec peu de traçabilité publique.
L’analyse factuelle montre plusieurs risques institutionnels. D’abord, la substitution d’un soutien financier direct aux alliés à un investissement dans des politiques publiques réduit les ressources disponibles pour les services publics et les programmes sociaux. Ensuite, l’absence de transparence fragilise les contrôles budgétaires: des dépenses qui n’apparaissent pas dans des circuits clairs échappent aux audits et au débat parlementaire. Les mécanismes décrits correspondent à des formes de clientélisme identifiées par des études comparatives sur le financement politique, où le lien monétaire entre pouvoir et soutien social sape l’intérêt général.
Les arguments reposent sur des constats vérifiables: la redistribution ciblée de fonds politiques avantage des acteurs précis au détriment d’une allocation publique orientée vers l’investissement collectif; l’entretien des militants via ces flux substitue une logique d’achat de loyauté à une stratégie de politique publique planifiée. En comparaison avec des systèmes où les financements des partis sont soumis à des règles de transparence et de contrôle public, la pratique rapportée présente un déficit de reddition de comptes. En comparaison avec des situations régionales connues pour leur clientélisme, la description donnée s’inscrit dans un cadre comparable de captation d’avantages personnels par des réseaux politiques.
Des éléments supplémentaires renforcent la lecture critique: les fonds politiques sont, dans la plupart des démocraties, encadrés afin d’éviter les conflits d’intérêt et la dérive vers des pratiques opaques; les recommandations internationales privilégient la publicité des comptes et le contrôle externe pour préserver l’intégrité des institutions. L’usage informel et mensuel décrit par Mboup correspond à des modalités qui compliquent le contrôle citoyen et favorisent la personnalisation des largesses politiques.
Au terme de l’exposé, les faits dressent le portrait d’un mécanisme où des ressources servaient davantage à consolider une majorité qu’à financer des politiques publiques durables. La description laisse apparaître un dilemme de gouvernance: à court terme, la dépense politique permet de maintenir des majorités ; à moyen terme, elle expose l’État à des pratiques de clientèle qui diminuent la transparence, affaiblissent les capacités de l’action publique et érodent la confiance dans les institutions. La simple existence de ces circuits pose une question sur la priorité donnée aux intérêts partisans par rapport aux besoins collectifs.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Ibrahim F.
Mis en ligne : 18/08/2026
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