Je ne supporte plus que la vie publique sénégalaise tourne autour d’une querelle personnelle entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, comme si l’État n’était qu’une scène où se jouent des règlements de comptes privés.
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Suite de l’article : J’estime que cette personnalisation du pouvoir n’est pas un simple spectacle politique : elle accapare l’énergie des institutions, brouille les priorités et affaiblit la voix du pays face aux bailleurs et aux marchés. Pendant que la dispute s’enlise, l’intérêt national recule et le compte à rebours pour les finances publiques s’accélère.
La lecture froide des événements montre un dommage concret. Les tensions entre l’exécutif et le perchoir n’ont pas seulement une saveur politicienne, elles se traduisent par des retards dans l’adoption de mesures budgétaires, une incapacité à proposer des réformes crédibles et une montée de l’incertitude chez les créanciers. Les responsables internationaux cherchent de la prévisibilité et des institutions capables de gouverner au-delà des passions personnelles. Or, lorsqu’un affrontement au sommet devient le récit dominant, les décisions techniques et les arbitrages nécessaires pour alléger la dette passent après des calculs d’influence. J’observe que la conséquence immédiate est une hausse des primes de risque et une réduction de l’accès au financement concessionnel, avec des effets réels sur les services publics et les investissements.
Je refuse l’excuse selon laquelle la politique serait irréductiblement conflictuelle et que les crises personnelles relèvent de la normalité. La différence entre confrontation politique utile et personnalisation délétère tient à l’aptitude à préserver l’intérêt général. Là, la dispute a pris la forme d’une personnalisation du pouvoir qui met en compétition des logiques personnelles avec l’exigence collective de désendettement et de stabilisation macroéconomique. Lorsque le pilotage des dépenses publiques devient l’enjeu d’un bras de fer partisan, les gouvernants perdent leur marge de manœuvre. J’ai vu des budgets reportés, des réformes fiscales gelées et des projets structurants retardés parce que l’attention était détournée vers des querelles de palais.
Les arguments financiers ne sont pas abstraits. La dette pèse, le chômage des jeunes est élevé et la pauvreté reste présente dans de larges pans du territoire. Les créanciers évaluent la capacité de l’État à tenir des calendriers et à mettre en œuvre des ajustements. Si l’exécutif et l’Assemblée nationale se regardent en chien de faïence, les mesures contra-cycliques passent à la trappe. Résultat : les taux exigés par les marchés augmentent, le coût du refinancement explose et la population finit par payer la note par le biais de coupes budgétaires ou d’une pression fiscale accrue. Cette logique est perverse : la personnalisation du pouvoir, censée renforcer des positions politiques, affaiblit la souveraineté économique du pays.
J’entends les arguments selon lesquels la compétition politique est un moteur de responsabilité. Ils ont partiellement raison quand la compétition reste au service d’idées et d’alternatives claires. Ici, le phénomène dominant n’est pas le débat d’idées, mais l’appropriation de l’appareil d’État par des logiques identitaires et personnelles. Les institutions, au lieu d’être des remparts, deviennent des instruments de revanche. Je crois que cela fragilise durablement la capacité de négociation face aux bailleurs et que cela compromet l’attractivité du pays pour des investissements privés qui exigent sécurité juridique et horizon stable.
Sur le plan pratique, la sortie passe par le remplacement de l’affrontement par des procédures claires de gouvernance et par la remise au centre de la discussion des enjeux économiques. Les acteurs politiques doivent reprendre la main sur l’agenda national, non pas pour ménager des egos, mais pour préserver la capacité de l’État à agir. Les citoyens ont le droit d’attendre que leurs représentants mettent l’intérêt commun au-dessus des querelles personnelles. Je suis convaincu que le salut du pays ne viendra pas d’un camp ou d’un autre, mais d’une réaffirmation de l’autorité des institutions au service du bien public.
Je refuse de me résigner devant ce gâchis. Tant que la personnalisation du pouvoir continuera de primer, le Sénégal restera vulnérable aux exigences extérieures et aux secousses économiques. J’appelle ainsi implicitement au réveil des élites et à un sursaut civique qui impose la responsabilité plutôt que la revanche. Le temps des postures doit céder le pas à celui des décisions, car chaque jour perdu dans cette querelle se paye en retards d’investissement, en services publics amputés et en avenir hypothéqué pour une jeunesse qui n’a pas vocation à payer les divisions d’aujourd’hui.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 06/09/2026
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