Saint-Louis sans scanner : Le lourd coût des coupures d’électricité - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Santé | Par Maimouna | Publié le 28/09/2026 07:09:00

Saint-Louis sans scanner : Le lourd coût des coupures d’électricité

L’arrêt du scanner du Centre Hospitalier Régional de Saint-Louis n’est pas un incident technique isolé ; c’est une tache indélébile sur la responsabilité publique.

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Suite de l’article : La coupure d’activité révèle autre chose qu’un simple dysfonctionnement : elle met en pleine lumière l’incapacité de l’État et de la SENELEC à garantir une alimentation électrique stable, ce qui expose des vies à des risques médicaux inacceptables. Les patients, déjà fragilisés, se retrouvent livrés à un système qui abandonne sa mission première.

Le contexte est brutal et concret. Un appareil d’imagerie indispensable pour diagnostiquer les traumatismes, les accidents vasculaires cérébraux et les tumeurs ne peut plus tourner quand l’électricité fait défaut. Les familles doivent désormais choisir entre payer des cliniques privées hors de portée ou effectuer des déplacements longs et coûteux vers Louga, Dakar ou Touba pour une urgence qui ne souffre pas d’attente. La grève du syndicat des médecins aggrave la défaillance, mais elle ne la crée pas : l’oscillation des réseaux électriques et l’absence de solutions de secours montrent une faiblesse structurelle.

L’analyse impose une critique sévère. Un scanner ne s’utilise pas à l’aveugle ; il exige une alimentation continue et sécurisée, des groupes électrogènes fiables et une maintenance planifiée. Quand ces conditions ne sont pas assurées par la société en charge du courant et par les responsables politiques, la responsabilité devient pénale et morale. La population paie le prix le plus lourd : un diagnostic tardif transforme une guérison possible en pronostic réservé. La simultanéité de la grève et des coupures ressemble à un double échec administratif et technique.

Les arguments en faveur d’une révision des priorités sont simples et frappants. D’abord, la santé ne peut pas dépendre d’un réseau électrique erratique sans dispositif de secours robuste. Ensuite, la confiance dans l’État s’érode quand les hôpitaux ne sont plus des lieux sûrs pour des soins vitaux. Enfin, la précarité financière des ménages rend le recours au privé impossible pour beaucoup et crée des inégalités de survie entre ceux qui ont les moyens et ceux qui n’en ont pas. Un habitant de la région a résumé la colère en disant : « C’est un scandale que des gens meurent parce qu’une lumière s’éteint. » Cette phrase simple en dit long sur le ressentiment collectif.

Pour grimper d’un cran, il faut regarder la question sous l’angle plus large des choix publics. Comparer un hôpital sans électricité à une maison sans toit n’est pas exagéré quand les patients attendent des soins et trouvent des portes closes. Comparer la situation à celle d’un pays où les urgences tournent sans coupure met en évidence l’écart de priorités entre administrations qui planifient et administrations qui improvisent.

La conclusion est amère mais nette : l’arrêt du scanner est un symptôme d’un système qui lâche ses citoyens au moment où ils en ont le plus besoin. La santé publique mérite mieux que des promesses et des réparations temporaires après la catastrophe. Les autorités et la société en charge du courant portent une responsabilité lourde face aux vies mises en péril par des pannes évitables, et le pays gagnerait à traiter l’électricité des hôpitaux comme une question de survie collective et non comme une simple contrainte technique.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Maimouna N.
Mis en ligne : 29/09/2026

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