Il en faut plus que des lignes budgétaires pour me convaincre que Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ont définitivement rompu. Au Sénégal, certains voient déjà dans le budget 2027 les signes d’une guerre ouverte entre les deux hommes.
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Suite de l’article : L’Assemblée nationale, dirigée par Sonko, perd 1,2 milliard de FCFA, tandis que la Présidence gagne 19,3 milliards. Les chiffres interpellent, certes. Mais de là à décréter la fin du tandem, il y a un pas que je refuse de franchir. Jusqu’à preuve du contraire, je ne crois pas que Diomaye et Sonko, c’est fini !
Soyons sérieux ! Le projet de loi de finances prévoit que le budget de l’Assemblée nationale passe de 22,3 à 21,1 milliards de FCFA. Dans le même temps, celui de la Présidence grimpe de 204,5 à 223,8 milliards. La Primature bénéficie, elle aussi, d’une hausse de 1,4 milliard, pour atteindre 32,3 milliards de FCFA.
Voilà de quoi alimenter les soupçons et faire tourner les machines à spéculations. Mais attention aux conclusions précipitées ! Une différence budgétaire ne constitue pas automatiquement une déclaration de guerre politique. Il faut arrêter de transformer chaque décision administrative en épisode d’un feuilleton intitulé « Diomaye contre Sonko ».
Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut fermer les yeux. Dans un pays où les citoyens réclament davantage de transparence, ces arbitrages méritent des explications claires. Pourquoi réduire les crédits de l’institution dirigée par Sonko alors que ceux de la Présidence progressent ? Quels programmes justifient ces choix ? Les Sénégalais ont le droit de poser ces questions sans être accusés de chercher des problèmes là où il n’y en aurait pas.
Cependant, un élément important doit être pris en compte : la hausse du budget présidentiel est notamment portée par le Fonds intergénérationnel, dont les crédits passent de 7,6 à 39,7 milliards de FCFA. Comparer uniquement les enveloppes globales sans examiner leur composition revient donc à comparer des chiffres sans regarder ce qu’ils financent réellement.
Regardons ailleurs. En France, les relations entre Emmanuel Macron et ses Premiers ministres ont régulièrement alimenté les spéculations sur les rapports de force au sommet de l’État. Pourtant, les désaccords, les arbitrages et les changements de priorités ne suffisent pas toujours à annoncer une rupture politique imminente. Aux États-Unis également, les tensions entre le président et le Congrès peuvent se traduire par des bras de fer budgétaires sans signifier que toutes les institutions sont entrées dans une guerre personnelle.
Pourquoi le Sénégal échapperait-il à cette réalité ? La politique est faite de rapports de force, de compromis et de calculs. Un désaccord n’est pas forcément une séparation ; une divergence ne signifie pas nécessairement une trahison.
Diomaye et Sonko ont construit leur ascension politique autour d’une promesse de rupture avec les pratiques anciennes. Leur relation est donc scrutée à la loupe, et la moindre fissure supposée devient une affaire nationale. Mais les Sénégalais ont besoin de faits, pas de prophéties politiques.
Mon coup de gueule est simple : qu’on nous explique les choix budgétaires, qu’on exige la transparence et qu’on surveille l’utilisation de l’argent public. Mais qu’on arrête de vendre la séparation du tandem comme une vérité établie sur la seule base de deux colonnes budgétaires.
Jusqu’à preuve du contraire, je ne crois pas que Diomaye et Sonko, c’est fini. Si rupture il y a, qu’elle se démontre par des faits politiques concrets, des décisions contradictoires irréconciliables ou des déclarations sans ambiguïté. En attendant, ne confondons pas soupçon et certitude.
Le véritable enjeu n’est pas de savoir qui a gagné 19,3 milliards et qui en a perdu 1,2. Il est de savoir si chaque franc dépensé sert l’intérêt général. Car, au bout du compte, ce n’est ni Diomaye ni Sonko qui paie la facture : ce sont les Sénégalais.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 21/10/2026
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