Marie Khone Faye : L’impact compte plus que la présence - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Maimouna | Publié le 17/10/2026 12:10:30

Marie Khone Faye : L’impact compte plus que la présence

Il y a des moments où les applaudissements doivent laisser place aux questions. Le 14 octobre 2026, à Dakar, le président Bassirou Diomaye Faye a publiquement salué l’engagement de son épouse, Marie Khone Faye, auprès des populations victimes des récentes inondations.

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Suite de l’article : Un hommage appuyé, des mots chaleureux et une assistance conquise. Mais au-delà de cette scène de reconnaissance, une question dérange : les sinistrés ont-ils davantage besoin de compliments ou de solutions concrètes pour sortir de l’eau ?

Ne nous trompons pas de débat. L’engagement social de Marie Khone Faye, sa présence auprès des victimes et sa participation aux initiatives de résilience méritent d’être reconnus lorsqu’ils produisent des résultats. Personne ne devrait reprocher à une Première dame de se mobiliser pour les plus vulnérables. Mais dans un pays où les inondations reviennent chaque hivernage, l’émotion ne peut pas devenir un substitut à l’action publique.

Car enfin, combien de familles sénégalaises doivent-elles encore voir leurs maisons envahies par les eaux, leurs biens détruits et leurs enfants dormir dans des conditions précaires avant que la prévention ne devienne une véritable priorité nationale ? À quoi servent les visites, les déclarations de solidarité et les cérémonies si les mêmes quartiers replongent dans la détresse à chaque saison des pluies ?

Le problème n’est donc pas l’hommage du président à son épouse. Il est parfaitement légitime de remercier celle qui apporte un soutien humain aux victimes. Le problème commence lorsque la communication prend plus de place que les résultats. Les populations ne demandent pas seulement qu’on les regarde souffrir : elles veulent des canalisations fonctionnelles, des systèmes de drainage efficaces, des logements sécurisés et une politique sérieuse d’aménagement du territoire.

Regardons ce qui se passe au Bangladesh, régulièrement confronté aux inondations. Le pays a progressivement développé des systèmes d’alerte, des abris et des dispositifs de préparation aux catastrophes. Tout n’y est pas réglé, mais cette expérience rappelle une vérité essentielle : face aux catastrophes naturelles, la solidarité est indispensable, tandis que la prévention sauve des vies.

Le Sénégal doit tirer les mêmes leçons. L’Organisation des Premières dames d’Afrique pour le développement, à travers sa campagne « Building Resilience », peut contribuer à sensibiliser, mobiliser des ressources et soutenir les communautés. Mais la résilience ne doit pas devenir un joli slogan prononcé dans les salons climatisés pendant que des familles pataugent dans des eaux insalubres.

Quant à l’évocation présidentielle d’un éventuel « premier gentleman » au Sénégal, elle ouvre un débat intéressant sur la place des femmes dans les plus hautes fonctions. Encore faut-il que cette perspective s’accompagne d’une réelle volonté de promouvoir leur leadership au-delà des plaisanteries et des applaudissements.

Au fond, Marie Khone Faye mérite d’être jugée sur l’impact de son engagement, comme les gouvernants doivent être évalués sur leurs résultats. Les sinistrés n’ont pas besoin que leur malheur serve de décor à une belle séquence politique. Ils ont besoin de sortir définitivement de l’eau.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 17/10/2026

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