Le Sénégal n’a pas encore trouvé de solution durable à ses embouteillages que de nouvelles restrictions de circulation viennent s’ajouter aux difficultés quotidiennes des automobilistes.
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Suite de l’article : À Dakar, où perdre plusieurs heures dans les bouchons est devenu une habitude, les mesures annoncées pour le samedi 31 octobre autour du stade Abdoulaye-Wade de Diamniadio soulèvent une question légitime : comment faciliter les déplacements sans compliquer davantage la vie des usagers ?
Par arrêté signé le 20 octobre, le gouverneur de Dakar, Ousmane Kane, a prévu une organisation particulière de la circulation sur l’autoroute de l’Avenir. Entre la Patte-d’Oie et l’aéroport international Blaise-Diagne, la voie de gauche sera réservée à la circulation olympique. De 7 heures à 19 heures, elle servira aux déplacements vers Diamniadio, avant que le sens ne soit inversé entre 19 heures et 23 h 30. Les poids lourds de plus de 3,5 tonnes seront également interdits sur cet axe, sauf dérogation.
Sur le papier, ces mesures peuvent se justifier par les impératifs de sécurité et d’organisation d’un événement sportif. Mais sur le terrain, la réalité des Sénégalais est tout autre. Chaque jour, des travailleurs arrivent en retard, des commerçants perdent du temps et de l’argent, tandis que des familles subissent les conséquences d’une circulation devenue éprouvante. Ajouter des voies réservées, des sorties contrôlées et des périmètres sécurisés, c’est prendre le risque d’accentuer la pression sur les autres axes, déjà fortement sollicités.
Certes, la sortie n° 11 sera réservée aux véhicules munis d’un macaron du COJOJ, tandis que les sorties n° 10 et n° 12 resteront accessibles au public. Les autorités recommandent également les navettes et les cheminements piétonniers. Mais une question demeure : les moyens de transport collectif seront-ils suffisamment nombreux, ponctuels et accessibles pour absorber l’affluence attendue ?
Regardons ce qui se passe dans d’autres grandes villes. À Paris, lors des Jeux olympiques de 2024, des voies réservées ont été mises en place pour les véhicules accrédités et certains transports autorisés. Cette organisation répondait à des impératifs précis, mais elle exigeait aussi une communication anticipée et des solutions de mobilité pour les usagers. La comparaison rappelle une évidence : une restriction n’est acceptable que si elle s’accompagne d’une organisation capable de limiter ses conséquences sur la population.
Le problème du Sénégal n’est pas d’organiser des événements sportifs. Le problème, c’est de ne pas laisser les citoyens payer le prix d’une planification insuffisante. Les autorités doivent informer clairement les automobilistes, renforcer les navettes, signaler les itinéraires alternatifs et anticiper les points de congestion.
La sécurité est indispensable, mais la mobilité quotidienne l’est tout autant. Les Sénégalais ne demandent pas l’impossible : ils veulent pouvoir se déplacer sans transformer chaque trajet en épreuve. Organiser un événement international est une ambition légitime. Mais dans un Dakar déjà paralysé par les embouteillages, le succès ne se mesurera pas seulement à la qualité de l’événement : il se mesurera aussi à la capacité des autorités à préserver la vie quotidienne de ceux qui font fonctionner le pays.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 28/10/2026
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