Quand une bâche efface le paysage des Mamelles - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Maimouna | Publié le 02/11/2026 07:11:00

Quand une bâche efface le paysage des Mamelles

Il y a des endroits qui méritent mieux qu’une communication institutionnelle de circonstance. Les Mamelles de Dakar font partie de ces lieux emblématiques qui racontent l’histoire, la beauté et l’identité du Sénégal.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Suite de l’article : Alors, pourquoi installer une immense bâche à l’effigie de la Première dame sur le flanc de cette colline, au risque d’altérer un paysage qui appartient à tous les Sénégalais ?

La réaction du Dr Yoro Dia, qui dénonce une « faute de goût », soulève une question légitime : doit-on utiliser un site naturel aussi remarquable pour afficher une personnalité publique, alors que d’autres choix auraient pu mettre en valeur notre patrimoine historique et culturel ?

Le problème n’est pas la personne représentée sur cette affiche. Il est surtout question de l’emplacement, du symbole et du message envoyé aux citoyens. Les Mamelles ne sont pas un panneau publicitaire géant. Elles constituent un élément majeur du paysage dakarois, un repère géographique et un espace dont la beauté mérite d’être préservée. Lorsqu’une installation visuelle prend une place aussi importante dans un tel environnement, il est normal que les citoyens s’interrogent sur sa pertinence.

Le Sénégal manque-t-il de symboles historiques à valoriser pour privilégier une affiche géante ? C’est précisément là que la proposition de Yoro Dia mérite d’être examinée. Il suggère d’installer une statue de Cheikh Anta Diop sur l’une des Mamelles, en écho au Monument de la Renaissance africaine qui domine l’autre colline.

L’idée ouvre une réflexion intéressante sur la manière dont nous choisissons de représenter notre mémoire collective. Cheikh Anta Diop, historien, anthropologue et penseur majeur de l’histoire africaine, incarne un héritage intellectuel qui dépasse largement les frontières sénégalaises. Une initiative culturelle consacrée à sa pensée pourrait contribuer à renforcer la dimension historique et éducative du site, à condition d’être étudiée avec sérieux et de respecter les exigences de préservation du paysage.

Ailleurs, la protection du patrimoine impose des arbitrages. À Paris, les débats sur les installations publicitaires et les aménagements autour des monuments rappellent régulièrement que l’espace urbain ne peut être considéré comme un support de communication sans limites. Dans les villes historiques, les autorités doivent concilier visibilité, expression publique et préservation du cadre architectural. Dakar est confrontée à la même question : comment moderniser et valoriser la capitale sans dénaturer ce qui fait son identité ?

Il ne s’agit pas d’interdire toute affiche ni toute initiative institutionnelle. Il s’agit de définir des règles claires, applicables à tous, qui empêchent que les sites emblématiques deviennent des espaces d’affichage disproportionné. La beauté d’un paysage ne devrait pas dépendre de la personnalité que l’on souhaite y mettre en avant.

Les autorités gagneraient donc à expliquer les raisons de cette installation, les autorisations accordées et les critères ayant guidé le choix de cet emplacement. Si l’objectif est de valoriser une action publique, d’autres supports peuvent être envisagés sans porter atteinte à la qualité visuelle du site.

Au fond, le débat dépasse une simple bâche. Il concerne notre rapport au patrimoine, à la mémoire et à l’espace public. Les Mamelles doivent-elles servir de vitrine aux personnalités ou devenir davantage un lieu de transmission de notre histoire ?

Le Sénégal a tout intérêt à privilégier des choix qui traversent les générations. Une affiche finit par disparaître. Un patrimoine préservé et une mémoire historique bien mise en valeur peuvent, eux, continuer à inspirer les générations futures.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 02/10/2026

—

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top