À partir du 2 novembre 2026, les commerçants des six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) pourront refuser certaines anciennes pièces de francs CFA.
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Suite de l’article : La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) présente cette décision comme une opération d’assainissement monétaire. Mais derrière les arguments techniques, une question mérite d’être posée : les populations sont-elles suffisamment préparées à ce changement ?
Sur le papier, la réforme semble répondre à plusieurs problèmes : harmoniser les pièces en circulation, lutter contre leur fonte illégale et surtout mettre fin à la pénurie de petite monnaie. Pourtant, dans la réalité, ce sont encore les citoyens ordinaires qui devront s’adapter. Les commerçants, les transporteurs, les vendeuses de marché et les petits commerçants seront directement concernés. Pour beaucoup, chaque pièce compte dans les transactions quotidiennes.
Certes, la BEAC prévoit une période de transition jusqu’au 31 octobre 2027. Les anciennes pièces pourront être échangées gratuitement dans les banques, les établissements de microfinance et les guichets de la banque centrale jusqu’au 31 juillet 2027. Ensuite, seule la BEAC assurera les échanges pendant trois mois. Mais encore faut-il que les citoyens soient correctement informés et puissent accéder facilement à ces services.
C’est précisément là que se situe le problème. Dans certaines localités, les agences bancaires sont éloignées, les déplacements coûtent cher et une partie de la population n’a pas l’habitude des démarches financières. Que fera une vendeuse qui découvre tardivement qu’une boîte de pièces conservée depuis des années ne vaut bientôt plus rien ? Qui prendra en charge les difficultés de ceux qui n’auront pas pu respecter les délais ?
Cette situation rappelle les changements de billets et de monnaies opérés dans d’autres pays, notamment au Nigeria lors du renouvellement du naira en 2022-2023. Les difficultés d’accès aux nouveaux billets et les perturbations des transactions ont montré qu’une réforme monétaire, même justifiée, peut rapidement compliquer la vie quotidienne lorsqu’elle est mal accompagnée.
La BEAC annonce l’injection de 500 millions de nouvelles pièces chaque année, avec un objectif de trois milliards en circulation d’ici 2030. L’ambition est importante, mais les chiffres ne suffisent pas. Encore faut-il que ces pièces arrivent jusque dans les marchés, les boutiques et les zones rurales.
Une réforme monétaire ne doit pas être une simple décision prise dans les bureaux d’une banque centrale. Elle doit être comprise, accessible et accompagnée sur le terrain. Moderniser la monnaie, oui, mais pas au prix de nouvelles difficultés pour ceux qui vivent déjà avec des moyens limités. La réussite de cette opération ne se mesurera pas seulement au nombre de pièces retirées, mais surtout à la facilité avec laquelle les populations pourront effectuer leurs achats demain.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 03/11/2026
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