Lutter contre l’absentéisme scolaire est une nécessité. Mais depuis quand arrêter des enfants devient-il une solution pour les remettre sur le chemin de l’école ?
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Suite de l’article : En Guinée, les autorités judiciaires de Conakry et de Kankan semblent avoir choisi la manière forte. Des élèves surpris hors des établissements pendant les heures de cours sont interpellés, certains condamnés à des travaux d’intérêt général, tandis que leurs parents sont convoqués devant la justice. Une méthode qui mérite sérieusement d’être questionnée.
Personne ne peut défendre l’absentéisme scolaire. Un enfant qui abandonne les cours pour traîner dans les rues, fréquenter les bars ou s’adonner à des activités dangereuses compromet son avenir. Les inquiétudes des procureurs sont donc compréhensibles. Mais entre protéger les enfants et les traiter comme des délinquants, la frontière est importante. Et les autorités ne devraient jamais l’oublier.
À Kankan, huit élèves ont été interpellés le 2 novembre 2026. À Conakry, la justice est également passée à l’action, avec une vingtaine de parents déjà entendus. Certains risquent des amendes. Mais une question demeure : a-t-on réellement pris le temps de comprendre pourquoi ces enfants désertent les salles de classe ?
La pauvreté, les difficultés familiales, le manque de suivi parental, les mauvaises fréquentations ou encore le découragement scolaire peuvent expliquer certaines absences. Tous les enfants qui se retrouvent dans la rue pendant les heures de cours ne sont pas forcément des délinquants. Derrière certains comportements se cachent parfois des situations sociales que la répression ne pourra jamais résoudre.
Il suffit de regarder d’autres expériences. Dans plusieurs pays, notamment en Finlande, la lutte contre le décrochage scolaire repose davantage sur l’accompagnement personnalisé, le dialogue avec les familles et le soutien psychologique que sur les arrestations. L’objectif est de comprendre les difficultés de l’élève avant qu’elles ne deviennent un abandon définitif.
Bien sûr, les parents ont une responsabilité. Ils doivent veiller à la scolarité de leurs enfants. Mais les sanctionner financièrement sans examiner leurs conditions de vie risque de pénaliser davantage des familles déjà fragilisées.
La police peut interpeller, la justice peut sanctionner, mais aucune arrestation ne remplacera un enseignant motivé, une famille accompagnée et un système éducatif capable de retenir ses élèves.
L’école doit être un lieu d’apprentissage, pas une menace. Si la Guinée veut réellement combattre l’absentéisme, elle ferait mieux de chercher pourquoi les enfants quittent les salles de classe avant de chercher comment les arrêter dans la rue. On ne construit pas l’avenir d’une jeunesse en lui faisant peur, mais en lui donnant des raisons de croire en l’école.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 05/11/2026
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