Mali : Un État en faillite, un peuple en souffrance - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 11/11/2025 07:11:15

Mali : Un État en faillite, un peuple en souffrance

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Depuis le 28 octobre 2025, l’Italie et l’Allemagne ont rejoint les États-Unis pour exhorter leurs ressortissants à quitter le Mali, un pays asphyxié par le blocus imposé par le JNIM, groupe affilié à al-Qaïda. Derrière les images de camions citernes escortés par l’armée et les discours rassurants des autorités, se cache une réalité bien plus sombre : le Mali s’enfonce dans le chaos. Les écoles sont fermées, les transports paralysés, l’économie au point mort, et le marché noir prospère. Pendant que la junte et la communauté internationale se renvoient la responsabilité de la crise, ce sont les Maliens qui en paient le prix fort. Loin des projecteurs, une crise humanitaire silencieuse ravage le pays, tandis que le monde détourne le regard.

Depuis 2012, le Mali est en proie à une crise sécuritaire sans précédent, exacerbée par les attaques jihadistes et l’instabilité politique. Le JNIM, en ciblant les convois de carburant, a réussi à paralyser Bamako et à plonger le pays dans une pénurie généralisée. Les coupures d’électricité se multiplient, les stations-service sont prises d’assaut, et les prix flambent sur le marché noir. Les ministères de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur ont annoncé la suspension des cours dans tout le pays pour deux semaines, privant des milliers d’élèves d’éducation et hypothéquant leur avenir. Pendant ce temps, les autorités peinent à proposer des solutions durables, se contentant de mesures d’urgence inefficaces.

La pénurie de carburant a mis l’économie malienne à l’arrêt. Les transports en commun sont paralysés, les motos-taxis ont disparu des rues, et de nombreuses entreprises ont dû suspendre leurs activités. À Bamako, les files d’attente devant les rares stations-service s’étendent sur des kilomètres, et les coupures d’électricité récurrentes aggravent encore la situation. Les engins agricoles, essentiels en pleine période de récolte, ne peuvent plus fonctionner, menaçant la sécurité alimentaire de millions de personnes. Le gouvernement, malgré la création d’un Comité de gestion de crise, reste impuissant face à l’ampleur du désastre.

La rareté du carburant a fait exploser les prix sur le marché noir, enrichissant trafiquants et réseaux mafieux. Les plus vulnérables, déjà frappés par la pauvreté, sont contraints de payer des sommes exorbitantes pour se procurer l’essentiel. Les autorités, incapables de réguler les prix ou d’assurer un approvisionnement équitable, laissent le champ libre à la spéculation et à l’exploitation.

Face à l’insécurité et à la misère, des milliers de Maliens fuient vers les pays voisins. Plus de 250 000 Maliens sont actuellement réfugiés en Mauritanie, et des milliers d’autres tentent la traversée vers les Canaries, au péril de leur vie. Pourtant, cette crise humanitaire reste largement ignorée par les médias internationaux et les organisations humanitaires, dont les financements se tarissent. Où est la couverture médiatique de cette tragédie ? Où sont les plans d’urgence pour venir en aide à ces populations en détresse ?

La situation au Mali rappelle celle de l’Afghanistan après le retrait des forces internationales, ou encore celle du Soudan, où la communauté internationale a laissé la crise s’aggraver faute de volonté politique. Comme en RDC ou au Yémen, les financements humanitaires sont en chute libre, et les populations les plus vulnérables paient le prix de l’indifférence mondiale. Pourtant, les besoins sont immenses : 4,7 millions de Maliens ont besoin d’une assistance d’urgence, et les ONG locales, déjà sous-financées, peinent à répondre à la demande.

Le Mali est aujourd’hui le symbole d’un État en faillite et d’une communauté internationale défaillante. Derrière les discours et les postures, ce sont les Maliens qui subissent les conséquences de l’incompétence de leurs dirigeants et de l’indifférence du monde. Les écoles fermées, les transports paralysés, l’économie à l’arrêt et l’exode silencieux sont autant de signes d’un pays au bord de l’effondrement.

Il faut agir. Les autorités maliennes doivent assumer leurs responsabilités et proposer des solutions concrètes pour sortir de la crise. La communauté internationale, quant à elle, ne peut plus se contenter de regarder ailleurs. Le Mali a besoin d’une aide urgente et coordonnée, avant qu’il ne soit trop tard. Combien de temps encore les Maliens devront-ils payer pour les erreurs de leurs dirigeants et l’indifférence du monde ?

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Saliou Tall.
Mis en ligne : 11/11/2025

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