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Le limogeage récent de Bassirou Kébé de la direction générale de la Société nationale des habitations à loyer modéré (SN-HLM) a été annoncé au Sénégal, provoquant des réactions dans les milieux politico-administratifs. L’éviction concerne un directeur en poste et s’inscrit dans un contexte de tensions au sein de la mouvance issue de l’alternance, avec des frictions notées entre Bassirou Diomaye Faye et une frange de militants de PASTEF. Ces faits ont relancé les interrogations sur la gestion des nominations publiques.
La décision tombe dans un climat déjà agité et elle soulève des questions sur la transparence des critères de gestion des institutions publiques, alors que des appels au départ et des prises de position publiques se multiplient.
La situation politique s’est envenimée ces dernières semaines autour de repositionnements internes et de débats publics, dont la déclaration de Me Bamba Cissé: « Je ne suis pas obnubilé par le pouvoir… venez le prendre », qui illustre la tonalité des échanges.
Le retrait de Bassirou Kébé illustre une mécanique de pouvoir qui semble privilégier les luttes internes à la compétence professionnelle, d’après les réactions et les convergences d’observations dans les milieux concernés. Plusieurs éléments factuels étayent cette lecture. D’abord, la décision intervient sans communication détaillée sur des motifs techniques ou sur une évaluation publique de la gestion de la SN-HLM, ce qui rend difficile l’appréciation de critères objectifs. Ensuite, des prises de position publiques et des rumeurs de démissions montrent que le mouvement politique ne repose pas sur une hiérarchie administrative stabilisée, mais sur des rapports de force mouvants. Enfin, l’absence d’un calendrier clair pour les recrutements alternatives laisse planer l’hypothèse d’arbitraire dans les choix.
La première conséquence observable concerne la gouvernance de l’organisme chargé du logement social: la rotation politique non motivée par des bilans chiffrés fragilise la continuité des projets et des investissements. Des projets de logements demandent des délais pluriannuels et des engagements financiers; remplacer un directeur en cours de route, sans justification publique, augmente le risque de retards et de coûts supplémentaires pour l’administration et pour les citoyens bénéficiaires. La deuxième conséquence touche la crédibilité institutionnelle: quand les nominations paraissent dictées par des luttes internes, la confiance des partenaires financiers et des bailleurs sociaux peut s’éroder, rendant plus difficile l’accès à des ressources extérieures. La troisième conséquence porte sur la morale administrative: les agents voient dans ces mouvements un signal que la loyauté politique prime sur la performance technique, ce qui peut décourager les cadres compétents et favoriser la précarité des fonctions.
Plusieurs exemples concrets renforcent ce diagnostic. Dans d’autres administrations sénégalaises, des changements de direction avaient été précédés d’audits publics ou de bilans opérationnels; la comparaison montre que l’absence de tels préalables dans ce cas particularise la décision et alimente le soupçon d’arbitraire. À l’étranger, des organismes comparables ont mis en place des comités d’évaluation indépendants avant de procéder à des remplacements, ce qui a permis de préserver la continuité des services. Ces références révèlent un retard dans la mise en œuvre de procédures transparentes au sein de la SN-HLM et dans la mouvance politique concernée.
Les données disponibles sur le secteur du logement social indiquent des besoins persistants en logements abordables et des contraintes budgétaires importantes pour la mise en œuvre des programmes. La fragile administration d’un opérateur public dédié à l’habitat social a un effet direct sur la capacité à livrer des logements et à gérer des financements. Les successions de nominations politiques sans justification publique ont, dans plusieurs cas documentés, entraîné l’arrêt de chantiers et la révision des partenariats financiers, avec des conséquences budgétaires mesurables.
Le limogeage de Bassirou Kébé s’inscrit dans une dynamique où les jeux internes semblent l’emporter sur les exigences de gestion technique, exposant la SN-HLM à des décisions arbitraires et à une perte d’efficacité au service des citoyens. Les faits rassemblés montrent que l’absence de critères publics et d’évaluations formelles crée un terrain propice aux perturbations opérationnelles, aux retards dans les programmes de logement et à une fragilisation de la confiance des partenaires. La situation appelle une clarification des procédures de nomination pour préserver l’intérêt des usagers et la pérennité des projets.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Fatoumata B.
Mis en ligne : 23/02/2026
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