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Le député Guy Marius Sagna, élu de Pastef pour le département de Ziguinchor, a publié sur sa page Facebook en 2025 des accusations contre le Bureau de l’Assemblée nationale. Il affirme que depuis l’installation du Bureau en décembre 2024, les réunions stratégiques se tiennent sans consultation des députés non-membres et que des décisions importantes sont prises en catimini. Il dénonce aussi l’opacité sur les appuis financiers et la gestion des ressources des groupes parlementaires.
Je le dis sans détour: cette 15e législature ressemble à un théâtre vide où se jouent les décisions d’un petit cénacle pendant que la représentation réelle se meurt. Le faible nombre de propositions de loi n’est pas un hasard ni une simple paresse parlementaire, c’est le symptôme d’une gouvernance défaillante, arrimée à la confiance formelle et détachée des besoins concrets des citoyens. J’éprouve de la colère devant cette mollesse institutionnelle et je veux que le lecteur comprenne pourquoi le silence législatif est dangereux.
La 15e législature affiche un bilan législatif famélique: peu de propositions de loi déposées, aucune commission d’enquête marquante et un passage à vide sur les sujets sociaux et économiques urgents. Le public s’interroge et l’exaspération grandit.
J’affirme que l’inaction législative découle d’un modèle de gouvernance qui sacre la confiance individuelle au détriment de la transparence collective. Quand le Bureau décide sans consulter la majorité, il privatise la volonté parlementaire. La fonction de député devient décorative: on siège, on vote parfois, mais on ne légifère plus pour répondre aux préoccupations des électeurs. Le faible nombre de propositions de loi traduit à la fois un déficit d’initiative et une délégation dangereuse du pouvoir législatif vers des cercles restreints.
Regardons les conséquences concrètes. Des besoins évidents persistent: accès aux services publics, règlement des dettes passées, contrôle des dépenses publiques, réformes économiques adaptées aux territoires. Une Assemblée qui n’impulse pas de projets de loi laisse ces sujets entre les mains de l’exécutif ou du marché, et le contrôle démocratique s’affaiblit. Le fait que les dettes de la XIVe législature aient été réglées sans compte-rendu détaillé illustre une culture du secret qui mine la confiance citoyenne. J’entends souvent des électeurs dire qu’ils ne reconnaissent plus leurs représentants; ce ressentiment n’est pas abstrait, il naît d’une pratique politique qui élude la reddition de comptes.
Sur le plan institutionnel, le phénomène se nourrit de la confusion entre solidarité interne et obligation de transparence. On invoque la confiance pour justifier l’action discrète des présidents de commission et des chefs de délégation; pourtant la confiance ne remplace pas la procédure démocratique. Comparé à une entreprise où quelques managers décident à la place des salariés, notre Parlement se transforme en coopérative de décisions opaques. Comparé aussi à d’autres assemblées nationales, le Paraguay ou le Portugal par exemple, où les commissions font vivre l’initiative législative, ici la vitalité démocratique se délite.
Le manque d’initiatives législatives a des racines pratiques: absence d’un agenda partagé, faiblesse de l’appui technique aux députés, maîtrise inégale des ressources du groupe Pastef dans l’élaboration des lois, et nominations prises sans concertation qui figent des compétences utiles. Tous ces éléments renforcent une inertie. Quand la distribution de véhicules ou les affectations de postes deviennent des objets de décision du Bureau sans débat public, l’espace démocratique se rétrécit.
Je soutiens que relancer l’initiative législative exige de briser la pratique du secret institutionnel et de réaffirmer des procédures de consultation obligatoire. Les députés doivent reprendre la main sur la définition des priorités parlementaires et sur l’allocation des ressources pour travailler sur des projets de loi qui répondent aux aspirations locales. Sans cette bascule, l’Assemblée restera un décor, et le mécontentement populaire grandira jusqu’à l’irruption d’une crise de légitimité.
Des chiffres comparatifs le montrent: les assemblées qui combinent commissions actives et soutien technique aux parlementaires déposent en moyenne deux à trois fois plus de propositions de loi utiles pour la population locale. Le lien entre transparence budgétaire des groupes parlementaires et production législative est tangible; sans visibilité sur les appuis financiers, la capacité d’initiative s’étouffe.
Je refuse l’idée que la faiblesse législative soit un simple accident ou une pause nécessaire. C’est un symptôme d’un système qui préfère la confiance selective aux débats publics et qui confond gouvernance avec gouvernement par poignée. Tant que les députés ne réclameront pas la transparence des décisions du Bureau, tant que les commissions resteront inertes, les lois nécessaires ne naîtront pas. J’appelle à la résurrection de l’Assemblée comme lieu d’initiative et de contrôle, pour que la parole des électeurs cesse d’être trahie par l’indolence des institutions.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 26/02/2026
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