Troisième non-lieu dans les dossiers Covid : Le soupçon d’impunité grandit - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Justice | Par Eva | Publié le 19/04/2026 03:04:15

Troisième non-lieu dans les dossiers Covid : Le soupçon d’impunité grandit

Ndeye Saly Diop Dieng, ancienne ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des Enfants, a obtenu un non-lieu rendu par la commission d’instruction de la Haute Cour de justice le 3 mars 2026 à Dakar.

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Suite de l’article : Elle avait été inculpée et placée sous contrôle judiciaire le 19 mai 2025 pour un détournement présumé de 52 millions de FCFA liés à la gestion des fonds Covid-19 et avait consigné la somme pour obtenir une liberté provisoire. La commission a estimé l’absence de preuves suffisantes pour poursuivre.

L’annonce intervient dans un dossier sensible qui a alimenté les attentes publiques sur la reddition de comptes. La décision met en lumière des failles procédurales qui interrogent la capacité des institutions judiciaires à traduire en justice les responsables présumés de détournements liés aux fonds d’urgence.

Il s’agit du troisième arrêt de non-lieu prononcé par la commission dans les dossiers relatifs à la gestion des fonds Force Covid 19, après deux décisions antérieures qui avaient déjà laissé plusieurs dossiers sans suite publique.

La décision favorable à Ndeye Saly Diop Dieng soulève des questions quant à la solidité des enquêtes et à la documentation des infractions alléguées. Les éléments factuels connus montrent que l’inculpation portait sur une somme de 52 millions de FCFA et que la prévenue avait été placée sous contrôle judiciaire avant de verser une caution. Malgré ces démarches, la commission d’instruction a jugé que les charges n’étaient pas étayées par des preuves suffisantes pour établir une responsabilité pénale. Ce type de décision reflète des difficultés techniques: absence de pièces comptables convaincantes, traçabilité bancaire insuffisante ou imprécisions dans la matérialité des détournements évoqués par les enquêteurs.

La répétition d’arrêts de non-lieu dans le même corpus d’affaires illustre un risque systémique pour la confiance citoyenne. Lorsque plusieurs dossiers publics sur des fonds d’urgence aboutissent à des relaxes ou à des classements, la perception d’impunité se renforce chez les administrés qui ont vu les sommes en question mobilisées pour des crises sanitaires. L’inefficacité apparente des poursuites peut décourager les lanceurs d’alerte et dissuader les acteurs de la société civile à exiger des audits indépendants. Un autre point factuel: la consignation de sommes par des mis en cause, comme dans ce dossier, ne remplace pas la preuve d’une infraction et n’implique pas une reconnaissance de culpabilité, ce qui complique l’appréciation publique des décisions judiciaires.

Les données publiques laissent percevoir une fragilité de la justice dans la gestion des affaires financières liées à l’urgence sanitaire. Cette fragilité tient autant à la qualité des enquêtes qu’à la capacité institutionnelle d’assurer la transparence des procédures. Comparée à d’autres contextes où des audits indépendants ont permis des poursuites effectives, la situation décrite ici ressemble plus à un échec d’instruction qu’à une victoire de la défense. À l’inverse, des pays ayant renforcé la coopération entre services financiers, magistrature et organes d’audit ont obtenu des condamnations ou des remboursements plus fréquents, ce qui réduit la marge d’impunité.

Des rapports internationaux sur la gouvernance des fonds Covid indiquent que l’absence de procédures d’audit rigoureuses multiplie les risques de pertes financières et d’impunité. Les statistiques disponibles montrent que les dossiers de détournement sans pièces bancaires claires sont plus souvent clos sans suite. Une amélioration factuelle possible consisterait à renforcer la traçabilité des flux, à systématiser les audits externes et à garantir l’indépendance des offices de poursuite, mesures qui ont produit des résultats concrets dans plusieurs juridictions.

La décision de non-lieu en faveur de Ndeye Saly Diop Dieng repose sur l’appréciation de preuves insuffisantes, mais elle s’inscrit dans une série de décisions similaires qui posent problème pour la perception de la justice. Les faits montrent un enchaînement de dossiers clos sans condamnation, une situation susceptible d’alimenter la défiance des citoyens envers les institutions chargées de contrôler la dépense publique. Une justice techniquement plus robuste et des audits indépendants apparaissent comme des réponses factuelles adaptées pour restaurer la confiance et réduire le sentiment d’impunité.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Fatoumata T.
Mis en ligne : 19/04/2026

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