Tensions à la RTS : La crise sociale prend une tournure policière - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Justice | Par Maimouna | Publié le 20/04/2026 08:04:00

Tensions à la RTS : La crise sociale prend une tournure policière

Plusieurs responsables syndicaux de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) ont été convoqués à la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar suite à une plainte déposée par Thierno Niang, frère cadet du directeur général Pape Alé Niang.

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Suite de l’article : Les convocations interviennent après des auditions antérieures liées à l’organisation des fanzones pendant la Coupe d’Afrique des Nations et à des manifestations contre la direction.

La situation cristallise des tensions sociales au sein de la chaîne publique depuis plusieurs mois. Les syndicats SYNPICS et SYNPAP ont indiqué que des membres ont été entendus par les enquêteurs et que la gestion des fanzones, attribuée selon eux à Thierno Niang, pose la question d’un possible conflit d’intérêts. Cet épisode relance le débat sur la place des forces de l’ordre dans les différends sociaux d’une entreprise publique.

La convocation du 5 mars suit des auditions du 17 février, lorsque des dirigeants syndicaux avaient été entendus par la Brigade de recherches de Colobane après une marche de protestation, puis relâchés. La crise sociale oppose une partie des syndicats à la direction depuis plusieurs mois.

L’utilisation répétée de convocations policières dans un conflit du travail au sein d’un média public soulève trois risques factuels pour la liberté d’expression, la démocratie interne et la protection des droits du personnel. D’abord, la convocation d’organisateurs syndicaux à la Sûreté urbaine transforme un litige social en procédure policière, et les documents publics montrent que plusieurs auditions ont eu lieu en l’espace de semaines. Ensuite, la pression institutionnelle sur des représentants du personnel peut réduire la capacité des syndicats à s’exprimer publiquement: des responsables tels que Mama Moussa Niang, El Hadji Thierno Dramé et d’autres ont été entendus, ce qui crée un effet dissuasif observable dans les témoignages syndicaux. Enfin, l’absence d’une médiation indépendante et d’un calendrier transparent pour le dialogue social laisse planer un risque réel pour les garanties procédurales auxquelles ont droit les employés.

Les convocations répétées modifient l’équilibre du rapport de forces en transformant la scène sociale en affaire de sécurité publique. Les faits montrent des auditions à la Brigade de recherches et des convocations à la Sûreté urbaine, ce qui confère à l’administration une latitude qui va au-delà des mécanismes internes de gestion des conflits. La conséquence administrative et psychologique est mesurable: certains membres du personnel évoquent des pressions et des menaces, ce qui restreint la liberté syndicale. Une comparaison avec des cas de sociétés publiques dans d’autres pays africains indique que le recours systématique aux forces de l’ordre pour traiter des conflits internes fragilise les institutions et alimente la défiance.

Ces procédures judiciaires répétées constituent un facteur de fragilisation des droits: risque de autocensure chez les journalistes et les techniciens, affaiblissement des élections internes syndicales si les dirigeants sont sous enquête, et entrave à la protection statutaire du personnel. Les syndicats ont déclaré qu’ils ne céderont pas aux pressions, tandis que la direction est critiquée pour des décisions jugées contraires aux acquis sociaux antérieurs. Les convocations donnent l’impression que le conflit est traité préférentiellement comme une affaire pénale plutôt que comme un conflit du travail à résoudre par le dialogue.

Des éléments comparatifs renforcent la préoccupation: des rapports d’organisations internationales sur la liberté de la presse montrent que l’intervention policière dans des conflits médiatiques génère une baisse mesurable de la pluralité d’expression et accroît le turnover du personnel. Les statistiques nationales sur les plaintes en milieu professionnel indiquent que les procédures judiciaires contre des représentants syndicaux augmentent la durée des conflits et réduisent les chances d’accords amiables.

Les convocations policières répétées à la RTS reposent sur des faits précis: auditions du 17 février, plainte de Thierno Niang et nouvelles convocations du 5 mars. Ces éléments constituent, au regard des garanties du monde du travail et des standards de la liberté de la presse, des signaux préoccupants. Les faits disponibles montrent un risque réel pour la démocratie interne de la chaîne et pour la protection juridique des personnels, et ils appellent à ce que la gestion des différends privilégie des procédures transparentes et des médiations indépendantes.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Ramata S.
Mis en ligne : 20/04/2026

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