11,5 millions envolés : Le scandale qui secoue le tribunal de Mbour - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Justice | Par Eva | Publié le 24/04/2026 11:04:30

11,5 millions envolés : Le scandale qui secoue le tribunal de Mbour

Le Tribunal de Mbour a entendu, le 10 mars 2026, N. Ndao, agent pénitentiaire et ancien secrétaire du procureur, mis en cause pour détournement de fonds au sein de la juridiction.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Suite de l’article : Les faits portent sur des cautions, de l’argent placé sous scellés et des sommes versées pour éviter l’incarcération entre 2024 et début 2026. Une enquête de la Brigade de recherches de Saly a chiffré le préjudice à 11,5 millions de francs CFA.

La mise en cause a reconnu les faits et le procureur a requis deux ans de prison ferme; le délibéré est fixé au 17 mars. La société civile et les observateurs judiciaires soulèvent déjà une question simple: une condamnation individuelle suffira-t-elle à corriger des défaillances structurelles?

Les fonds détournés comprendraient des cautions pour des demandes de liberté provisoire, de l’argent appartenant à des détenus et des sommes destinées à lever la contrainte par corps; un dossier isolé ferait état d’un retrait de près de 500 000 francs CFA.

Les circonstances décrites révèlent des vulnérabilités administratives précises. N. Ndao disposait d’un accès au bureau d’enrôlement et au secrétariat du parquet, ce qui lui a donné la possibilité d’agir sans contrôle immédiat. Les registres officiels, censés tracer les mouvements de trésorerie, n’ont pas empêché la disparition de plus de trois millions de francs CFA dans un cas signalé par une plaignante, P. Guèye, dont un proche est resté détenu malgré le paiement. Les investigations ont pris plusieurs semaines et ont nécessité l’intervention d’une unité spécialisée, ce qui suggère que les mécanismes internes de surveillance du tribunal n’ont pas été suffisants pour détecter l’anomalie.

Les fonds détenus par les juridictions relèvent d’un régime strict de saisie, d’enrôlement et de consignation. Quand un agent externe au cœur du circuit peut retirer des sommes, la chaîne de responsabilité est rompue. L’absence apparente d’audits périodiques et l’accès privilégié à des registres sensibles favorisent la dissimulation des flux. Une comparaison avec des services où les mouvements sont automatisés montre une moindre fréquence d’écarts financiers.

Le secret des procédures judiciaires ne doit pas couvrir la gestion des biens et des fonds. Ici, l’argent sous scellés et les cautions auraient dû figurer dans des registres consultables par plusieurs services, avec des attestations signées. Quand les registres ne sont pas opposables ou quand les contrôles sont informels, le risque de détournement augmente. Une comparaison avec des tribunaux ayant mis en place des contrôles croisés entre greffe et comptabilité interne illustre le gain de sécurité.

La reconnaissance des faits par l’accusé confirme l’existence d’un préjudice chiffré, mais n’épuisera pas l’obligation de l’institution à réparer ses propres failles. Les autorités judiciaires ont sollicité une enquête externe; cela atteste d’une réaction, mais la réaction ne remplace pas la prévention. Les statistiques publiques sur les contrôles internes dans les juridictions restent rares, ce qui empêche d’évaluer l’impact réel des réformes.

Des audits comparatifs montrent que l’instauration d’une numérisation des registres et d’un contrôle tripartite réduit significativement les pertes. Des tribunaux ayant adopté une traçabilité électronique des fonds ont vu chuter les anomalies financières de façon mesurable en un an. La mise en place d’audits comptables réguliers et de rotations d’agents avec accès aux caisses apparaît comme une pratique recommandée dans plusieurs juridictions.

Le cas de N. Ndao expose un vol individuel et révèle surtout des dispositifs internes fragiles: accès non contrôlés, registres peu sécurisés, absence d’audits visibles. La condamnation demandée par le procureur peut punir un homme, mais elle ne remplace pas la refonte des procédures qui protège les caisses du tribunal. Si la juridiction ne sécurise pas ses circuits financiers et n’instaure pas de transparence contrôlée, le risque de nouveaux pillages demeurera tangible et la confiance publique continuera de s’éroder.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Cheikh D.
Mis en ligne : 24/04/2026

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top