Diomaye Faye change la règle du jeu : Une présidence dépolitisée - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Eva | Publié le 04/05/2026 03:05:15

Diomaye Faye change la règle du jeu : Une présidence dépolitisée

Le 27 avril, l’avant-projet de loi de révision constitutionnelle rendu public au Sénégal stipule que « la fonction de Président de la République est incompatible » avec l’appartenance à toute assemblée élective nationale ou locale et avec l’exercice de toute autre fonction, publique ou privée.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Suite de l’article : L’initiative répond à une promesse de campagne du président Diomaye Faye, qui avait déjà renoncé à un rôle partisan à son arrivée au pouvoir.

L’article 38 précise que, même membre d’un parti, le président ne peut y occuper qu’une fonction honorifique et, sauf s’il est candidat à sa réélection, il ne peut participer à une campagne électorale. À son investiture, Diomaye Faye avait démissionné de son poste de secrétaire général de Pastef pour se consacrer à ses fonctions présidentielles.

Cette évolution intervient dans un contexte où la séparation des fonctions publiques et partisanes est présentée comme un moyen de clarifier les responsabilités et de réduire les conflits d’intérêts potentiels. Le choix du chef de l’État de lâcher une responsabilité partisanes pendant l’exercice du mandat est un fait observable et récurrent dans plusieurs pratiques démocratiques contemporaines.

L’analyse des éléments juridiques montre que la formule retenue dans l’avant-projet est ambitieuse sur le plan normatif. L’incompatibilité large — qui couvre assemblées électives et toute autre activité publique ou privée — vise à encadrer strictement le temps et l’investissement du président. L’interdiction de participer à une campagne électorale, hors cas de candidature à la réélection, réduit la possibilité d’utiliser la fonction présidentielle comme plateforme de mobilisation continue. Ces dispositions, si elles sont adoptées, créeraient des garde-fous formels contre la confusion des rôles entre exercice du pouvoir exécutif et activités partisanes.

Plusieurs arguments factuels soutiennent l’idée que l’exemple du président peut peser sur la culture politique. Premièrement, la démission volontaire d’un poste partisan à l’entrée en fonction produit un précédent concret: il devient matériellement plus difficile pour des successeurs de revendiquer simultanément leadership partisan et charge présidentielle. Deuxièmement, l’inscription de cette incompatibilité dans la Constitution élève la règle au rang suprême du droit national, ce qui renforce sa stabilité et sa portée juridique. Troisièmement, l’interdiction de campagne en dehors d’une candidature formelle limite l’emploi des ressources et de la visibilité de la présidence dans des opérations partisanes, une mécanique factuelle susceptible d’atténuer les critiques sur l’usage des moyens publics.

Pour illustrer le potentiel d’entraînement, on peut comparer ce cas avec des pratiques où le chef de l’État assume un rôle central dans son parti et où la frontière entre décisions publiques et stratégie partisane reste floue. On peut aussi évoquer, à l’inverse, des situations où des responsables ont choisi de se détacher de l’appareil partisan pour marquer une rupture symbolique avec un pouvoir clientéliste. Dans le cas sénégalais, la combinaison d’une démarche personnelle — la démission de Diomaye Faye de la fonction de secrétaire général — et d’une inscription constitutionnelle rend l’exemple plus tangible pour les acteurs politiques et les électeurs.

Des éléments complémentaires peuvent renforcer cette dynamique: la clarté des textes adoptés, la mise en place de mécanismes de contrôle et la communication publique sur les motifs de ces mesures. Si la nouvelle règle est mise en œuvre avec transparence et respect des procédures, elle offrira une base normative pour encourager un comportement présidentiel orienté vers la responsabilité et l’intérêt général.

L’ensemble des faits rassemble un message précis: une promesse de campagne traduite en texte constitutionnel et un comportement personnel du président convergent vers la même orientation. En imposant la séparation des fonctions et en prenant l’initiative de se retirer d’une responsabilité partisane, Diomaye Faye laisse un exemple concret qui peut favoriser l’émergence d’une culture politique où le devoir de la fonction prime sur l’engagement partisan.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Oumou Khairy.
Mis en ligne : 04/05/2026

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top