Premières Dames et lutte contre le cancer : Image ou solution durable ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Maimouna | Publié le 30/04/2026 08:04:00

Premières Dames et lutte contre le cancer : Image ou solution durable ?

Le 15 avril 2026, la Coalition Diomaye Président a publié à Dakar un communiqué condamnant des « attaques indécentes, malveillantes et politiquement motivées » visant la Fondation Sénégal et Solidarité des Premières Dames, accusant une campagne de désinformation contre un centre de dépistage et des actions de lutte contre le cancer. La coalition affirme que la fondation n’est pas un instrument de prestige mais un cadre d’action concret.

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Suite de l’article : Je refuse cette mise en scène commode qui transforme la santé publique en vitrine. J’estime que brandir le prestige des Premières Dames pour protéger une fondation relève d’un réflexe communicationnel qui pallie l’absence d’investissements durables et d’une gouvernance sanitaire mesurable. La défense passionnée de la coalition sonne parfois comme une opération d’image, pas comme une exigence de transparence.

La promesse présidentielle d’un programme décennal contre le cancer a été évoquée en Conseil des ministres le 4 février 2026, lors de la Journée internationale de lutte contre le cancer, sans calendrier budgétaire public.

Je ne nie pas le rôle potentiel de la philanthropie dans la sensibilisation, mais je refuse l’idéalisation sans critique. Quand la santé devient une scène, on sacrifie la rigueur. La communication continue autour des Premières Dames fonctionne comme un pansement esthétique: cela rassure l’opinion mais cela ne remplace pas des hôpitaux équipés, des cursus de dépistage intégrés au système national et des indicateurs publics sur les résultats. J’observe une logique identique à d’autres pays où les initiatives personnelles se substituent à l’effort d’État; la comparaison avec ces expériences montre le risque d’un saupoudrage inefficace et d’une dépendance aux égos.

L’argument selon lequel la fondation a « sauvé » la LISCA mérite vérification publique. Qui finance les équipements sur le long terme? Quel est le coût réel par patient dépisté? Sans données chiffrées et évaluations indépendantes, la louange devient un voile. Je demande des chiffres, des audits et des protocoles clairs, parce que la santé se juge par des résultats tangibles et non par des hommages officiels.

Une structure portée par la notoriété d’une première dame peut prospérer durant un mandat, puis vaciller quand les projecteurs s’éteignent. J’oppose à cette fragilité la nécessité d’un financement public pluriannuel, inscrit dans un budget sanitaire avec des marges de contrôle parlementaire. Il faut des comités scientifiques indépendants, des indicateurs de dépistage et de suivi, et la publication régulière des bilans d’activité. Sans cela, la fondation risque de fonctionner comme une agence de communication plutôt que comme un acteur sanitaire crédible. Les campagnes médiatiques visent souvent les centres urbains et les populations visibles; je défends une stratégie qui atteigne aussi les zones rurales, les femmes modestes et les cliniques de proximité.

Des études publiées ailleurs en Afrique montrent que les programmes efficaces contre le cancer reposent sur l’intégration dans les systèmes nationaux et sur la formation du personnel local, pas sur des initiatives ponctuelles. Une comparaison entre un programme public durable et une fondation médiatisée révèle des écarts importants en matière de couverture et de suivi des patientes. Je demande que le programme décennal annoncé comporte des objectifs chiffrés, des financements sécurisés et des évaluations externes.

Je persiste: défendre la fondation ne doit pas servir d’alibi pour éluder la responsabilité publique. Je suis pour l’engagement des citoyennes et des personnalités, mais je veux des preuves, pas des slogans. La santé des Sénégalaises mérite des engagements budgétaires stables, une gouvernance mesurable et une transparence totale, davantage que des apparitions cérémonieuses et des communiqués victorieux. Sans cela, la lutte contre le cancer restera une belle histoire que l’on raconte aux inaugurations, mais qui n’améliorera guère les vies.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 30/04/202
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