Six militants de la génération Z ont été arrêtés à Antananarivo après une « marche pacifique » le 10 avril, puis deux autres ont été interpellés après un appel à manifester le 17 avril, accusés d’ »atteinte à la sûreté de l’État » et de « trouble à l’ordre public ».
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Suite de l’article : Les arrestations nocturnes, selon des témoignages, se sont déroulées en véhicules sans plaque et auraient laissé des blessés parmi les interpellés. Amnesty International et plus de 60 organisations de la société civile ont dénoncé une montée des atteintes aux droits civils.
Depuis ces opérations, les jeunes militants de Gen Z Madagasikara adaptent leurs communications, privilégiant des applications jugées plus sécurisées et renforçant la prudence dans leurs échanges numériques. L’action judiciaire engagée contre des figures du mouvement, la recrudescence des accusations pour atteinte à la sûreté de l’État et la présence de brigades opérant de nuit dessinent un climat où l’expression politique devient risquée. Cette série d’événements s’inscrit dans un contexte de tensions entre la junte du colonel Michael Randrianirina et une jeunesse mobilisée depuis la chute du président Andry Rajoelina.
La chronologie factuelle mérite d’être détaillée pour mesurer l’ampleur de la répression: rassemblements les 10 et 17 avril, arrestations de nuit de leaders et de militants, signalements de blessures, puis un communiqué daté du 14 avril signé par une soixantaine d’organisations pointant un recul des engagements en matière de libertés civiles. Par ailleurs, la junte a reconduit le 25 mars la moitié des ministres de l’ancien régime après les avoir soumis à un détecteur de mensonges, tandis que les demandes de la jeunesse pour une lutte efficace contre la corruption et une concertation conduisant à des élections n’ont pas obtenu de réponses concrètes.
L’analyse des méthodes employées met en lumière des éléments factuels inquiétants: utilisation fréquente de chefs d’accusation vagues, opérations nocturnes sans transparence procédurale, et signalements de surveillance numérique évoquant des logiciels espions. Ces pratiques correspondent à des mécanismes judiciaires et policiers qui, selon les observateurs, favorisent l’arbitraire. Le recours à des accusations liées à la sûreté de l’État, rarement précisées publiquement, accroît l’opacité des poursuites et diminue les garanties juridiques pour les prévenus.
Les conséquences concrètes se lisent dans la désertion des manifestations: d’une mobilisation de plusieurs milliers de personnes en septembre 2025, le mouvement a vu sa présence réduite à une vingtaine de participants lors d’un récent rassemblement. Ce retrait s’explique par la peur d’être intercepté et par la perception d’un usage de la justice comme outil de répression politique, usage déjà observé sous des régimes antérieurs et ici comparable à des pratiques de police politique. En outre, l’annonce par des militants de changements de pratiques de communication révèle une peur institutionnalisée qui peut étouffer le débat public.
Des éléments complémentaires renforcent l’alerte: blessures signalées chez des interpellés, déclarations publiques d’Amnesty International évoquant un « climat de peur », et la mise en garde de nombreuses organisations de la société civile sur la fréquence croissante des accusations pour atteinte à la sûreté de l’État. Un témoignage exprimé par une militante résume l’état d’esprit: « On ne peut pas vivre dans la peur », phrase qui illustre la détermination malgré la répression mais aussi la tension ressentie par les jeunes activistes.
La situation factuelle dessine donc une tendance où l’appareil judiciaire et les forces de sécurité semblent être mobilisés pour restreindre l’espace d’expression de la jeunesse malgache. Les données disponibles montrent un risque réel d’intimidation systématique susceptible d’affaiblir durablement l’opposition civile et de normaliser des pratiques juridiques arbitraires au détriment des libertés fondamentales. Les faits observés appellent à une surveillance étroite des procédures et à une documentation rigoureuse des atteintes pour préserver les droits civiques.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Jacque R.
Mis en ligne : 06/05/2026
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