L’annonce est flatteuse : Mamadou Amadou Ly, directeur de l’Association pour la recherche et le développement de l’éducation (ARED), figure parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde en 2026 selon le magazine TIME.
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Suite de l’article : Une consécration qui met en lumière son travail pionnier en faveur de l’éducation bilingue en Afrique de l’Ouest. Pourtant, je ne peux m’empêcher de voir dans cette distinction une occasion manquée de rappeler que les défis structurels du système éducatif sénégalais restent entiers.
L’engagement de Mamadou Amadou Ly est indéniable. Son approche, qui intègre les langues locales dans l’enseignement primaire, a démontré son efficacité : les élèves bilingues réussissent mieux, même en français, et cette méthode commence à inspirer des politiques nationales au Sénégal, en Mauritanie et en Gambie. Pourtant, 71 % des élèves sénégalais de CI à CM1 ne comprennent toujours pas la langue d’enseignement, principalement le français. Ce chiffre accablant rappelle que les avancées, aussi louables soient-elles, restent limitées face à l’ampleur des besoins.
Être cité par TIME ou recevoir le prix Yidan 2025 est une victoire symbolique, mais cela ne garantit ni un changement systémique ni une amélioration durable de l’éducation pour tous. Les inégalités d’accès, le manque de moyens et la lenteur des réformes publiques persistent. L’ambassade des États-Unis à Dakar a beau souligner le lien entre éducation et développement économique, la réalité est que les ressources allouées à l’éducation de base restent insuffisantes pour généraliser ces innovations à l’échelle nationale.
Le Sénégal n’est pas le seul à innover en matière d’éducation bilingue. Des pays comme le Kenya ou le Rwanda ont aussi intégré les langues locales dans leurs systèmes éducatifs, avec des résultats encourageants. Mais au Sénégal, malgré les avancées portées par ARED, l’absence de stratégie nationale cohérente et harmonisée a longtemps freiné ces initiatives. La reconnaissance internationale de Mamadou Amadou Ly doit donc servir de levier pour exiger des réformes plus ambitieuses, et non de prétexte à l’autosatisfaction.
Je salue le travail de Mamadou Amadou Ly, mais je refuse de croire que cette distinction suffira à transformer le système. La vraie victoire sera le jour où chaque enfant sénégalais pourra apprendre dans une langue qu’il comprend, avec des moyens adaptés et des enseignants formés. En attendant, cette reconnaissance doit nous rappeler que le chemin est encore long — et que l’urgence est à l’action, pas aux célébrations.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 11/05/2026
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