L’article intitulé « La malédiction de la dyarchie ou l’inévitable parricide politique » dresse un tableau pessimiste de la relation entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, en s’appuyant sur une lecture historique des ruptures passées au sommet de l’État sénégalais.
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Suite de l’article : Selon cette analyse, le pouvoir présidentiel, par nature monopolistique, condamnerait toute dyarchie à l’échec, transformant immanquablement le « dauphin » en rival, puis en bourreau de son mentor. Je conteste cette vision déterministe. Réduire la dynamique Faye-Sonko à une répétition tragique, c’est méconnaître la singularité de leur parcours et les évolutions du système politique sénégalais.
Contrairement aux duos précédents (Senghor-Diouf, Wade-Sall), la relation entre Faye et Sonko s’est forgée dans l’adversité, lors de la lutte contre le régime de Macky Sall. Leur alliance, scellée par le slogan « Diomaye moy Sonko », n’était pas un simple calcul électoral, mais le fruit d’une solidarité militante sans précédent. Leur légitimité est indissociable : l’un incarne la rupture institutionnelle, l’autre la mobilisation populaire. Leur tandem n’est pas une malédiction, mais une innovation politique.
L’article cite les ruptures historiques (Diouf/Senghor, Wade/Sall) pour étayer sa thèse. Pourtant, ces exemples ignorent un détail crucial : ces dyarchies étaient structurellement déséquilibrées. Le « numéro deux » était toujours un subordonné, choisi pour sa loyauté, puis écarté dès qu’il devenait encombrant. Or, Faye et Sonko ont accédé au pouvoir ensemble, portés par un mouvement collectif (le PASTEF) et une base militante unie. Leur relation repose sur un projet commun – la « rupture systémique » – et non sur une hiérarchie verticale.
De plus, les tensions actuelles (comme les avant-projets de loi concurrents sur le code électoral) ne sont pas le signe d’un « parricide », mais plutôt d’une négociation permanente entre deux visions complémentaires : l’une institutionnelle (Faye), l’autre militante (Sonko). En France, la Ve République a connu des périodes de dyarchie productive, où président et Premier ministre ont cohabité sans se détruiredoc-du-juriste.com. Pourquoi le Sénégal ne pourrait-il pas innover ?
Premièrement, l’institutionnalisation de leur relation : Faye a clairement posé les règles du jeu. Dans une interview récente, il a affirmé que Sonko resterait Premier ministre « tant qu’il a [sa] confiance ». Cette déclaration, loin d’être une menace, montre une volonté de transparence et de responsabilité partagée.
Deuxièment, l’absence de rivalité personnelle. Contrairement à Wade et Sall, dont la rupture était motivée par des ambitions individuelles, Faye et Sonko partagent une histoire commune et une base idéologique solide. Leur désaccord porte sur des méthodes, non sur des principes.
Enfin, le contexte sociopolitique a changé. Le Sénégal de 2026 n’est plus celui des années 1980 ou 2000. La société civile est plus exigeante, les médias plus libres, et l’alternance politique est devenue une norme. Le système tolère de moins en moins les luttes de pouvoir opaques.
L’idée d’un « parricide inévitable » est une projection du passé sur le présent. Elle ignore la possibilité d’une dyarchie vertueuse, fondée sur le respect mutuel et un projet partagé. Faye et Sonko ont l’opportunité historique de prouver que le pouvoir peut se partager sans se détruire. Je crois que leur succès dépendra de leur capacité à transformer cette tension créative en force collective. L’histoire ne se répète pas toujours. Parfois, elle s’invente.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 13/05/2026
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