Le 27 avril 2026, le Secrétariat général du PASTEF – Les Patriotes a publié un communiqué rappelant à l’ordre ses structures locales.
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Suite de l’article : Le message est clair : la désignation des candidats pour les prochaines élections locales relève exclusivement d’une procédure centralisée, sous peine de sanctions. Si cette volonté d’ordre peut sembler louable, elle révèle surtout une tentation autoritaire qui menace la vitalité même du parti.
Le PASTEF, parti au pouvoir au Sénégal, traverse une période charnière. Après des mois de tensions politiques et sociales, la direction semble déterminée à éviter toute division en verrouillant le processus de sélection des candidats. Les articles 31 des Statuts et 19 du Règlement intérieur, ainsi que la future Charte des Élections, sont brandis comme des remparts contre le désordre. Pourtant, cette centralisation absolue interroge : un parti qui se veut porteur de changement peut-il se permettre de museler ses propres bases ?
La décision de confier uniquement à la Commission Nationale d’Investiture (CNI) le pouvoir de valider les candidatures est présentée comme une garantie de cohérence. Mais à quel prix ? En interdisant aux sections communales et aux coordinations départementales de proposer des noms, la direction prive les militants de toute initiative locale. Or, c’est souvent à ce niveau que naissent les dynamiques les plus innovantes et les profils les plus ancrés dans les réalités territoriales.
Cette approche rappelle les dérives d’autres partis, où la centralisation a conduit à un appauvrissement du débat interne et à une démobilisation des militants. En France, par exemple, le Parti Socialiste a vu son influence décliner en partie à cause d’une machine à investitures trop verticale, coupée des attentes de sa base. Au Canada, les partis traditionnels ont souvent été critiqués pour leur manque de flexibilité locale, au profit d’une ligne imposée par le sommet.
En verrouillant les investitures, le PASTEF prend le risque de standardiser ses candidats, au détriment de la diversité des profils et des idées. Les élections locales, par nature, exigent une adaptation aux spécificités régionales — une souplesse que la centralisation étouffe.
Les responsables locaux, souvent les plus engagés sur le terrain, pourraient se sentir dépossédés de leur légitimité. Cette frustration est un terreau fertile pour les tensions internes, voire les scissions. L’histoire politique regorge d’exemples où une direction trop rigide a provoqué des révoltes en interne.
Le PASTEF se présente comme un mouvement réformiste et participatif. Or, en centralisant ainsi les décisions, il envoie un signal anti-démocratique : la discipline prime sur la consultation, et l’obéissance sur l’initiative. Comment concilier cette pratique avec les valeurs de transparence et d’inclusion souvent brandies ?
En Afrique comme ailleurs, les partis qui ont opté pour une centralisation extrême des investitures ont souvent payé le prix fort. Au Zimbabwe, le ZANU-PF a vu son unité se fissurer sous le poids d’une direction trop autoritaire, conduisant à des crises internes récurrentes. En Algérie, le FLN a longtemps souffert d’un déconnectement entre le sommet et la base, affaiblissant son ancrage populaire.
À l’inverse, des formations comme Podemos en Espagne oula NUPES en France ont montré que la démocratie interne, même chaotique, peut être un atout pour mobiliser et fidéliser.
Je ne conteste pas la nécessité d’un cadre pour éviter l’anarchie. Mais la méthode choisie par le PASTEF me semble déséquilibrée. En sacrifiant l’autonomie locale sur l’autel de la discipline, le parti risque de perdre en agilité ce qu’il gagne en contrôle.
La démocratie, y compris interne, se nourrit de débats, de concurrence d’idées et de participation. Une centralisation aussi stricte pourrait bien, à terme, affaiblir le PASTEF plutôt que de le renforcer. Comme le disait un vieux proverbe africain : « Si tu veux aller vite, marche seul. Si tu veux aller loin, marchons ensemble. » En verrouillant ainsi les investitures, le PASTEF choisit la vitesse… mais au risque delaisser ses militants sur le bord du chemin.
Et vous, chers lecteurs, pensez-vous qu’un parti peut concilier discipline et démocratie interne ?
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 11/05/2026
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