Le navire de croisière MV Hondius, avec 149 passagers et membres d’équipage à bord, est resté bloqué au large du Cap-Vert fin avril 2026 en raison d’un foyer suspecté d’hantavirus.
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Suite de l’article : Un passager britannique évacué vers l’Afrique du Sud a été testé positif, l’Organisation mondiale de la santé a signalé trois décès (un couple néerlandais et un Allemand), et les autorités capverdiennes ont refusé l’accostage à Praia tout en sollicitant des ambulances aériennes auprès du Royaume‑Uni et des Pays‑Bas.
Face à ces faits, la gestion portuaire et les réponses des États voisins soulèvent des questions précises sur la solidarité internationale et la capacité collective à traiter une urgence sanitaire maritime sans créer de précédent risqué. Le porte‑parole sud‑africain Foster Mohale a appelé toute personne en contact avec les passagers à se faire tester: « Ne perdez pas de temps, rendez‑vous simplement à l’établissement de santé le plus proche pour un dépistage et un test. » La représentante de l’OMS au Cap‑Vert, Ann Lindstrand, a indiqué qu’une équipe médicale était montée à bord à plusieurs reprises pour évaluer et préparer une évacuation.
Le contexte reste tendu: deux membres d’équipage sont malades, l’évacuation médicale est planifiée et des options alternatives d’accueil ont été examinées, notamment les ports espagnols de Las Palmas et Tenerife. Le refus d’accostage à Praia a pour effet concret d’allonger la période pendant laquelle les malades restent à bord et d’obliger les États à coordonner évacuations et tests à distance, avec des opérations aériennes complexes.
L’analyse détaillée s’appuie sur plusieurs éléments vérifiables. La situation rappelle des précédents maritimes récents où l’accueil ou le refus d’un port a déterminé l’issue sanitaire et juridique: en 2020 le paquebot Diamond Princess a subi une quarantaine à Yokohama qui a été vivement critiquée pour la propagation du virus à bord, tandis que le MS Westerdam a été refusé par plusieurs ports avant d’être autorisé à accoster au Cambodge. Ces exemples montrent une absence de ligne commune entre États face à des navires confrontés à des risques infectieux, avec des réponses contrastées qui dépendent autant de décisions politiques que d’évaluations techniques.
Sur le plan normatif, le Règlement sanitaire international de 2005 prévoit que les mesures sanitaires aux points d’entrée doivent s’appuyer sur des bases scientifiques et minimiser les entraves au trafic international. Le dossier du MV Hondius illustre la difficulté d’appliquer ces principes quand la peur d’un agent infectieux pousse des autorités portuaires à privilégier la fermeture des quais plutôt que la coordination d’une prise en charge collective. Les conséquences pratiques sont mesurables: retard des tests, complexité accrue des transferts médicaux, multiplication des acteurs impliqués et risques accrus pour le personnel soignant embarqué.
Des éléments concrets renforcent l’inquiétude. L’OMS a dépêché une équipe médicale qui a inspecté le navire à plusieurs reprises, ce qui indique la possibilité d’une réponse technique coordonnée; malgré cela, le bateau n’a pas obtenu l’autorisation de débarquer à Praia. La tentative de s’appuyer sur des aéro‑ambulances et sur des ports tiers expose à des délais et à des coûts logistiques élevés, et montre l’absence de mécanismes régionaux standardisés pour des évacuations sanitaires maritimes.
La succession des refus d’accostage et le recours à des solutions ad hoc dressent un précédent dangereux: en normalisant l’exclusion des navires suspects, les États risquent d’instituer des pratiques qui mettent en péril la santé des personnes à bord et compliquent la réponse collective attendue en cas d’épidémie. Les faits documentés autour du MV Hondius appellent donc à une réévaluation factuelle des procédures portuaires et à une harmonisation régionale des protocoles d’accueil et d’évacuation des navires confrontés à des urgences sanitaires.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Yves T.
Mis en ligne : 10/05/2026
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