La Ligue Sénégalaise de Football Professionnel (LSFP) a publié un communiqué pour condamner l’usage de pratiques occultes observées lors des 26e et 27e journées des championnats de Ligue 1 et de Ligue 2 au Sénégal, des faits largement relayés sur les réseaux sociaux.
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L’instance rappelle que ces comportements sont contraires aux valeurs du football professionnel et annonce l’examen des rapports des commissaires de match par la commission de discipline.
Depuis plusieurs saisons, la LSFP affirme avoir engagé des actions disciplinaires et appliqué des sanctions prévues par les règlements en vigueur, sans qu’un calendrier précis des décisions ne soit rendu public.
La répétition des incidents signalés alimente l’impression d’un problème structurel plutôt que d’événements isolés. Les commissaires de match ont dressé des rapports, les images et les commentaires circulent sur les plateformes numériques, et la LSFP se dit prête à instruire les dossiers. Pourtant, le texte officiel ne détaille ni la nature exacte des sanctions déjà prononcées, ni les délais d’instruction, ni les critères qui guideront la commission de discipline.
La LSFP cite « la discipline, le mérite sportif, la préparation et la loyauté » comme principes enfreints, et annonce que « tout élément de preuve disponible sera examiné ». Ces formulations sont factuelles, elles indiquent la procédure prévue mais laissent les observateurs dans l’attente d’éléments concrets: décisions, coefficients de sanction, fiches de procédure ou publications de décisions motivées. Sans ces pièces, la menace d’un châtiment reste une phrase sur papier.
Les conséquences pratiques se manifestent à deux niveaux. D’une part, l’image du championnat souffre quand des vidéos suspectes circulent sans qu’une réponse visible suive. D’autre part, la répétition des faits suggère que les mesures déjà mises en œuvre n’ont pas dissuadé les auteurs présumés. La LSFP signale l’existence d’un cadre disciplinaire, mais la persistance des incidents interroge son effectivité.
Pour donner du poids aux sanctions, la transparence procédurale apparaît centrale. Plusieurs fédérations nationales publient les décisions disciplinaires avec motifs et sanctions, ce qui facilite le contrôle public et la prévention des récidives. À l’opposé, un règlement appliqué sans publication détaillée ressemble à une règle connue seulement par l’administration, ce qui réduit son pouvoir dissuasif. La comparaison montre deux approches: rendre publiques les décisions pour responsabiliser, ou les garder internes en espérant que la seule menace suffise.
Les clubs ont été invités à sensibiliser dirigeants, staffs techniques et joueurs, ce qui est une mesure utile mais limitée si elle n’est pas accompagnée d’une communication claire sur les suites disciplinaires. Les enquêtes fondées sur les rapports des commissaires et sur les éléments fournis par les plateformes sociales peuvent aboutir à des sanctions efficaces, encore faut-il que les contours de l’instruction et les critères de preuve soient publiés pour que le public puisse suivre et mesurer la rigueur de l’action.
La situation factuelle présente un paradoxe: la LSFP dispose d’un cadre disciplinaire et annonce son application, tandis que la récidive et l’opacité laissent planer un doute sur l’impact réel de ces outils. Les prochains bulletins de décision de la commission de discipline et la publication détaillée des sanctions fourniront des éléments objectifs pour juger de la capacité de l’instance à endiguer ces pratiques. En attendant, la communication officielle reste soignée dans le langage et maigre en éléments vérifiables, ce qui alimente la perception d’une fermeté déclarée mais peu démontrée.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Karim S.
Mis en ligne : 20/05/2026
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