Enlèvements au Mali : La fin justifie-t-elle les moyens ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Emmanuel | Publié le 30/05/2026 04:05:30

Enlèvements au Mali : La fin justifie-t-elle les moyens ?

Au Mali, des avocats et défenseurs de la démocratie disparaissent, enlevés par des hommes armés et cagoulés, signature de la Sécurité d’État.

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Suite de l’article : Les autorités, silencieuses, laissent planer le doute : ces disparitions sont-elles des mesures antiterroristes ou une répression politique déguisée ? Je ne peux accepter cette dérive : la fin ne justifie pas les moyens, surtout quand elle piétine les droits fondamentaux.

Le Mali fait face à une menace terroriste réelle, illustrée par les attaques du 25 avril ayant coûté la vie au ministre de la Défense, Sadio Camara. Mais depuis trois semaines, des disparitions forcées ciblent des figures de l’opposition et de la société civile, comme l’avocat Mountaga Tall et son fils. Aucun mandat, aucune information, aucune procédure légale. Dans l’ombre, la Sécurité d’État agit en dehors de tout cadre juridique, au mépris des familles et des principes démocratiques.

L’argument de la « raison d’État », brandi par des soutiens du régime comme le journaliste Tiambel Guimbayara, est un leurre dangereux. Oui, le terrorisme tue, mais la réponse ne peut être le chaos juridique. L’article de RFI révèle une contradiction flagrante : d’un côté, on invoque la nécessité de protéger la nation ; de l’autre, on viole la Constitution malienne et les traités internationaux ratifiés par le pays. Le professeur Jean-François Akandji-Kombé, spécialiste de droit international, le rappelle avec justesse : un État qui suspend les libertés fondamentales — droit à un procès équitable, présomption d’innocence, assistance d’un avocat — perd son âme. Pire, il alimente la défiance et, in fine, le terreau même du terrorisme.

Premièrement, ces méthodes sont illégales. Le Mali a ratifié le Pacte international sur les droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme, qui interdisent explicitement les détentions arbitraires. Deuxièmement, elles sont contre-productives. L’histoire le prouve : des États-Unis de Guantanamo à l’Algérie des années 1990, les dérives sécuritaires ont toujours engendré plus de violence et de radicalisation.

Troisièmement, elles sapent la démocratie. En ciblant des avocats et des militants pro-démocratie, le régime envoie un message clair : toute voix dissonante est une cible. Enfin, l’urgence n’abolit pas le droit. Même en temps de crise, des garde-fous existent : contrôle judiciaire, transparence, respect des conventions internationales. Sinon, à quoi bon lutter contre le terrorisme si c’est pour instaurer un autre type de terreur, celle de l’arbitraire d’État ?

Je le dis avec gravité : le Mali mérite mieux que ce choix binaire entre chaos et dictature. La lutte antiterroriste est nécessaire, mais elle doit se mener dans le respect de l’État de droit. Sinon, la victoire sera amère : un pays peut-être plus sûr, mais définitivement moins libre. Et ça, en tant que citoyen soucieux de justice, je ne peux l’accepter. La dignité humaine n’est pas négociable.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 30/05/202
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