Je ne peux rester indifférent face à la condamnation définitive de Succès Masra à 20 ans de prison ferme par la Cour suprême du Tchad.
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Suite de l’article : Ce verdict, tombé le 21 mai 2026, n’est pas seulement une décision judiciaire : c’est le symbole criant d’une justice instrumentalisée pour étouffer toute velléité d’opposition. Je vois là une mascarade qui discrédite les institutions tchadiennes et confirme une dérive autoritaire inquiétante.
Succès Masra, économiste de 42 ans et figure montante de l’opposition tchadienne, incarnait l’espoir d’un renouveau démocratique. Ancien Premier ministre (janvier-mai 2024), il avait osé contester la réélection controversée de Mahamat Idriss Déby en 2024, avant d’être arrêté en mai 2025, deux jours après les violences intercommunautaires de Mandakao.
Accusé d’avoir diffusé en 2023 un message « raciste et xénophobe » ayant a posteriori provoqué ces affrontements, il a été jugé en à peine quatre jours en août 2025, puis condamné sans preuve tangible. Le rejet de son pourvoi en cassation achève ce procès expéditif, mené sous haute surveillance militaire et à huis clos pour les journalistes.
Cette condamnation repose sur des fondements juridiques plus que fragiles. Comment un message publié en 2023 peut-il être tenu pour responsable de violences survenues deux ans plus tard ? Les avocats de Masra, comme Me Francis Kadjilembaye, dénoncent un « dossier vide » et une « humiliation » pour leur client. Pire, le porte-parole du gouvernement tchadien lui-même a qualifié ce procès de « purement politique » dès son ouverture. La justice, ici, n’est plus un rempart contre l’arbitraire, mais un outil de répression. Le déploiement massif des forces de l’ordre et l’exclusion des médias lors de l’audience confirment cette impression de parodie judiciaire.
Je ne peux que souscrire à l’analyse des ONG comme Human Rights Watch ou ACAT : cette affaire s’inscrit dans une stratégie systémique pour éliminer l’opposition. Depuis 2021, le régime de Déby a multiplié les arrestations arbitraires (Yaya Dillo tué en 2024), dissous des partis, et modifié la Constitution pour se maintenir au pouvoir sans limite de mandat. L’accord de Kinshasa (2023), qui garantissait à Masra un retour d’exil et la liberté d’action politique, a été piétiné.
Comparons cette situation à d’autres contextes africains : au Sénégal, Ousmane Sonko a été emprisonné pour des motifs tout aussi discutables ; en RDC, Moïse Katumbi a été empêché de se présenter à l’élection présidentielle. Partout, la justice est détournée pour museler les voix dissidentes. Au Tchad, le message est clair : quiconque ose défier le pouvoir sera écrasé.
La condamnation de Succès Masra est une tache indélébile sur la démocratie tchadienne. Elle révèle une justice aux ordres, une opposition asphyxiée, et un pouvoir déterminé à régner par la peur. Je dénonce cette dérive, qui ne fait qu’aggraver les tensions et discréditer le Tchad aux yeux du monde. La justice ne doit pas être une arme politique. Libérez Succès Masra, et rendez sa dignité à un pays qui mérite mieux que l’arbitraire.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 01/06/2026
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