Une décision inquiétante : Israël tourne le dos à l’ONU - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - International | Par Emmanuel | Publié le 01/06/2026 04:06:30

Une décision inquiétante : Israël tourne le dos à l’ONU

Je dois l’avouer franchement : la décision d’Israël de suspendre ses relations avec le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, me laisse profondément inquiet.

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Suite de l’article : Derrière cette annonce spectaculaire faite par l’ambassadeur israélien Danny Danon, je vois surtout une nouvelle étape dans l’effondrement du dialogue diplomatique international autour du conflit israélo-palestinien. Et c’est précisément cela qui me dérange.

Selon les déclarations officielles, Israël reproche au secrétaire général des Nations unies d’avoir cautionné une démarche visant à inscrire l’État hébreu sur une liste noire liée aux violences sexuelles en période de conflit. Les autorités israéliennes dénoncent une accusation « scandaleuse » et estiment que l’ONU met injustement Israël et le Hamas sur le même plan. Pourtant, au lieu de répondre par davantage de coopération, Israël choisit la politique du gel diplomatique. À mes yeux, cette stratégie ressemble davantage à une fuite politique qu’à une véritable réponse de fond.

Il faut replacer cette affaire dans son contexte. Depuis les attaques du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi à Gaza, les relations entre Israël et l’ONU sont devenues exécrables. Antonio Guterres a plusieurs fois critiqué les conséquences humanitaires des opérations militaires israéliennes à Gaza. De son côté, Israël accuse régulièrement l’ONU de partialité et d’hostilité systématique. Mais la vérité est que les Nations unies ont aussi condamné les atrocités commises par le Hamas. C’est justement le rôle d’une organisation internationale : dénoncer les violations du droit international, quel qu’en soit l’auteur.

Ce qui me choque dans cette décision israélienne, c’est cette tendance de plus en plus visible à considérer toute critique internationale comme une attaque politique illégitime. À entendre certains responsables israéliens, toute remise en question de l’action militaire de Tel-Aviv deviendrait automatiquement une preuve d’antisémitisme ou de complot diplomatique. Je trouve cette posture dangereuse. Un État démocratique ne devrait pas craindre les enquêtes internationales ; il devrait au contraire chercher à démontrer sa transparence.

L’ONU affirme disposer d’« informations crédibles » concernant des violences sexuelles commises contre des détenus palestiniens. Ces accusations sont extrêmement graves et méritent des investigations sérieuses, indépendantes et transparentes. Or, au lieu d’encourager ce processus, Israël préfère rompre les ponts avec le secrétaire général. Je considère que cette attitude affaiblit davantage la confiance internationale.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’un État tente de discréditer les institutions internationales lorsqu’elles deviennent gênantes. La Russie, après l’invasion de l’Ukraine, a également multiplié les attaques contre les organes de l’ONU et les juridictions internationales. Les États-Unis eux-mêmes ont parfois rejeté certaines décisions internationales lorsqu’elles allaient à l’encontre de leurs intérêts stratégiques. Mais lorsqu’un pays commence à considérer les institutions multilatérales comme des ennemis plutôt que comme des espaces de dialogue, le danger devient mondial.

Je comprends parfaitement qu’Israël puisse se sentir isolé sur la scène internationale après des mois de critiques. Je comprends aussi que les autorités israéliennes refusent certaines accusations qu’elles jugent infondées. Mais la diplomatie ne consiste pas à claquer la porte à chaque désaccord. La diplomatie exige du sang-froid, de la patience et une capacité à accepter le regard extérieur, même lorsqu’il dérange.

À mon sens, cette suspension des relations avec Antonio Guterres traduit surtout une crispation politique profonde. Plus la guerre dure, plus le gouvernement israélien semble se refermer sur une logique défensive et agressive vis-à-vis des institutions internationales. Pourtant, ce n’est pas en affaiblissant l’ONU que la paix reviendra au Proche-Orient. Bien au contraire.

Aujourd’hui, le monde a besoin de médiateurs crédibles, de discussions et d’institutions capables d’empêcher un embrasement régional encore plus dramatique. En rompant le dialogue avec le secrétaire général de l’ONU, Israël prend le risque d’aggraver son isolement diplomatique tout en alimentant davantage les tensions internationales.

Je reste convaincu qu’aucune paix durable ne pourra être construite dans le rejet systématique des mécanismes internationaux. On peut critiquer l’ONU, on peut contester certaines décisions, mais transformer chaque désaccord en guerre diplomatique permanente me paraît être une erreur politique majeure.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 01/06/202
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