Assemblée nationale : Sonko promet l’équilibre mais cultive le bras de fer - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Emmanuel | Publié le 02/06/2026 12:06:00

Assemblée nationale : Sonko promet l’équilibre mais cultive le bras de fer

Un article récent nous révèle qu’Ousmane Sonko, fraîchement élu à la tête de l’Assemblée nationale, promet un Parlement « contre-pouvoir inflexible ».

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Suite de l’article : Je ne peux m’empêcher de sourire, tant cette déclaration résonne comme un écho lointain… et peu convaincant. Car si Sonko excelle dans l’art des discours combatifs, son bilan en matière de rassemblement et de stabilité institutionnelle, lui, laisse à désirer.

Le contexte est connu : après avoir été écarté de la présidentielle de 2024 pour une condamnation controversée, Sonko a porté Bassirou Diomaye Faye au pouvoir, avant d’en être limogé en mai 2026 après des mois de tensions publiques. Aujourd’hui, il se retrouve à la tête d’une Assemblée nationale dominée par son parti, Pastef. Mais que vaut une promesse de « contre-pouvoir » quand on a soi-même contribué à fragiliser l’équilibre des institutions ?

Sonko martèle que « le peuple est la source unique du pouvoir ». Soit. Mais il oublie un détail crucial : la démocratie ne se résume pas à des slogans, elle se construit par des actes. Or, son passage à la Primature a été marqué par des dissensions ouvertes avec le président Faye, des désaccords sur la gestion de la dette (132 % du PIB !), et une ligne souverainiste qui a isolé le Sénégal sur la scène internationale. Pire, son limogeage a plongé le pays dans une crise politique inédite, révélant une incapacité à gérer les conflits au sein même de son camp. Alors, comment croire qu’il saura incarner un contre-pouvoir constructif ?

Son argument selon lequel l’Assemblée ne sera « pas une chambre d’enregistrement » est séducteur. Mais attention à ne pas confondre fermeté et obstruction. Le Venezuela nous a montré où mène un Parlement en guerre ouverte avec l’exécutif : paralysie institutionnelle, crise économique, et souffrance citoyenne. Au Brésil, l’impeachment de Dilma Rousseff en 2016 a été qualifié de « coup d’État parlementaire » tant il a instrumentalisé les institutions à des fins partisanes. Le risque ? Que le « contre-pouvoir » de Sonko ne devienne qu’un outil de blocage systématique, au mépris de l’intérêt général.

Je ne nie pas la légitimité de Sonko. Les législatives de novembre 2024 ont plébiscité Pastef, et le peuple a le droit d’attendre de ses représentants qu’ils contrôlent l’action gouvernementale. Mais un vrai contre-pouvoir ne se contente pas de dire « non » : il propose, négocie, et cherche des compromis. Or, jusqu’ici, Sonko a surtout brillé par son intransigeance. Son refus de dialoguer avec le FMI, son rejet catégorique des institutions financières internationales, ou encore ses critiques publiques contre Faye ont montré une tendance à l’affrontement plutôt qu’à la médiation.

Alors, non, je ne crois pas à ce Parlement « inflexible ». Pas parce que je doute de sa volonté de tenir tête à l’exécutif, mais parce que je redoute qu’il ne sache pas faire autre chose. Le Sénégal a besoin de contre-pouvoirs, oui – mais intelligents, responsables, et capables de dépasser les clivages. Sinon, ce ne sera pas l’exécutif qui sera inflexible… mais le pays tout entier.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 02/06/202
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