Des jeunes zimbabwéens prêts à partir : Un pays sans plan pour les retenir - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Maimouna | Publié le 08/06/2026 09:06:00

Des jeunes zimbabwéens prêts à partir : Un pays sans plan pour les retenir

Le gouvernement du Zimbabwe a présenté mardi au Parlement un projet de loi visant à prolonger de deux ans le mandat du président Emmerson Mnangagwa, jusqu’en 2030.

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Suite de l’article : Le texte, déposé par le ministre de la Justice Ziyambi Ziyambi à la chambre basse, prévoit aussi de porter la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans et de faire élire le président par le Parlement plutôt que par un suffrage direct. Mnangagwa, âgé de 83 ans, est arrivé au pouvoir après le putsch de 2017 et devrait quitter ses fonctions en 2028 après deux mandats.

Le projet sera débattu en deuxième lecture mercredi et les opposants, anciens combattants et certains généraux à la retraite ont publiquement exprimé leur refus. La Cour constitutionnelle a été saisie par des contestations et a suspendu sa décision en attendant d’examiner les arguments.

La configuration politique rend l’adoption probable: le ZANU-PF dispose d’une majorité qualifiée à la chambre basse et contrôle largement la chambre haute par l’intermédiaire de chefs traditionnels et de mandataires, ce qui donne au parti la capacité formelle de modifier la Constitution. Ziyambi a dit qu’il « s’attend à ce que le processus législatif dure environ un mois », tandis que des retraités de l’armée rapportent que Mnangagwa leur aurait répondu « que le gagnant l’emporte » lors d’une rencontre.

La réforme pose des risques économiques concrets en raison de l’augmentation de l’instabilité politique et de l’affaiblissement de la légitimité des institutions. Sur le plan macroéconomique, le Zimbabwe porte depuis des décennies les séquelles d’une trajectoire chaotique: hyperinflation et effondrement de la monnaie au milieu des années 2000, recours au dollarisation en 2009, reprise d’une monnaie locale puis nouveaux épisodes de volatilité. Ces antécédents ont durablement réduit la confiance des investisseurs et limité l’afflux d’investissements directs étrangers nécessaires à la relance.

L’extension du mandat et la modification des règles électorales augmentent le risque pays perçu par les marchés: une élévation du risque politique se traduit généralement par une hausse des primes exigées pour financer l’État, un recul des investissements à long terme et une fuite des capitaux à court terme. Le Zimbabwe est déjà confronté à un accès restreint aux marchés internationaux et à des sanctions ciblées qui pèsent sur la capacité des autorités à attirer des partenaires financiers fiables.

D’un point de vue institutionnel, la concentration du pouvoir et la perception d’un recul démocratique peuvent décourager les entreprises étrangères, en particulier dans les secteurs à forte intensité de capital comme les mines et les infrastructures. Après le changement de 2017, certains investisseurs avaient exprimé un regain d’espoir lié aux promesses de réforme; la présente initiative risque d’inverser cette tendance en rappelant les incertitudes de la période Mugabe et les conséquences économiques observées alors.

Des comparaisons internationales montrent des dynamiques similaires: des pays où des réformes constitutionnelles ont été perçues comme favorisant un pouvoir personnel ont vu, à court terme, un refroidissement des flux d’investissement et une hausse du coût d’emprunt souverain. Les acteurs financiers scrutent désormais la faisabilité politique des projets d’investissement et la stabilité réglementaire sur le long terme.

Les contestations judiciaires et la protestation de vétérans et de militaires à la retraite ajoutent une couche d’incertitude politique qui pèsera sur les décisions de financement et sur la disponibilité des crédits internationaux. En l’absence de garanties crédibles sur l’indépendance institutionnelle et la sécurité juridique, les conséquences économiques pourraient être mesurables: réduction des projets d’infrastructures, ralentissement de la création d’emplois et pression accrue sur une population déjà confrontée à la raréfaction des services et à l’inflation.

La trajectoire à court terme dépendra de l’issue parlementaire et judiciaire, mais les éléments factuels disponibles mettent en évidence un enchaînement où la réforme constitutionnelle, si elle est adoptée, augmente la vulnérabilité économique du pays par l’effet combiné d’une perte de légitimité, d’une hausse du risque pays et d’une fuite potentielle des investisseurs.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 08/06/2026

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