Ce lundi, aux abords de l’Assemblée nationale, plusieurs figures de la société civile et de l’opposition ont été interpellées alors qu’elles manifestaient contre la proposition de loi portant révision de la Constitution.
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Suite de l’article : Les personnes arrêtées comprennent Babacar Ba, président du Forum du justiciable, Pape Gorgui Ndong, le rappeur Abdou Karim Guèye dit « Xrum Xaxx », le coordonnateur national des jeunes de l’APR Babacar Selle Diagne, et l’opposant Thierno Bocoum. Des manifestants ont été dispersés au gaz lacrymogène et certains conduits au commissariat de Thionk.
L’image est nette: un important dispositif de sécurité a été déployé autour de l’hémicycle pendant que les députés poursuivaient l’examen du texte, malgré les demandes répétées de suspender l’examen formulées par plusieurs responsables politiques et acteurs de la société civile. La séquence rapproche la scène parlementaire d’un champ de contrôle policier plutôt que d’un espace d’échange public.
Cette mobilisation intervient alors que la proposition de loi suscite des appels à une concertation nationale plus large avant toute modification constitutionnelle. L’arrestation de responsables de collectifs et de militants de partis politiques confirme que la vague de répression a touché des profils variés: acteurs associatifs, artistes engagés et cadres politiques.
L’analyse des faits montre plusieurs éléments préoccupants. D’abord, la proximité physique des interpellations: Babacar Ba a été arrêté à quelques mètres de l’hémicycle, ce qui illustre une stratégie de neutralisation des voix à l’entrée même du lieu législatif. Ensuite, le recours aux gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants signale une réponse de maintien de l’ordre orientée vers la répression plutôt que vers la gestion du dialogue public. Enfin, la détention temporaire de personnalités issues d’horizons différents indique une opération visant à réduire la visibilité et l’impact médiatique des opposants pendant l’examen du texte.
Les arguments étayant l’idée d’un recours disproportionné s’appuient sur des constats factuels: arrestations ciblées de leaders reconnus, emploi de moyens anti-émeute près d’un bâtiment parlementaire et maintien des travaux législatifs malgré les demandes de pause et de consultation. Ces éléments, mis côte à côte, montrent une logique d’étouffement de la contestation plutôt qu’une tentative de préservation de l’ordre public conciliatrice.
L’approche angle demandé met en lumière le risque concret pour la liberté d’expression et la pluralité des voix. En neutralisant des porte-parole, l’opération réduit la capacité de la société civile à se faire entendre lors d’un débat constitutionnel majeur. Le fait que des militants de l’Alliance pour la République aient été interpellés en même temps que des opposants et des membres de collectifs indépendants souligne l’ampleur du phénomène: il ne s’agit pas d’une simple confrontation entre forces de l’ordre et casseurs, mais d’une opération touchant des acteurs politiques et culturels reconnus.
Pour approfondir, il faut rappeler que des appels à suspendre l’examen du texte avaient été formulés publiquement par des acteurs politiques et de la société civile ces derniers jours. Le maintien des débats à l’Assemblée pendant les interpellations crée une situation où le processus législatif avance en parallèle d’une réduction effective des voix critiques dans l’espace public.
La suite immédiate de cette affaire dépendra de la suite judiciaire et administrative réservée aux personnes arrêtées et de la capacité des institutions à garantir des débats ouverts. Les faits rapportés ce lundi posent néanmoins une question factuelle: la réponse répressive observée autour de l’Assemblée nationale cohabite-t-elle avec les principes d’une délibération démocratique quand des voix représentatives sont empêchées d’exercer leur expression publique?
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Tidiane D.
Mis en ligne : 07/07/2026
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