Je lisais récemment les déclarations de Me Abdoulaye Tine sur RFI, qui évoquait avec une sagesse apparentée à de la prudence la possibilité d’une cohabitation entre l’exécutif et l’Assemblée nationale.
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Suite de l’article : Et je me suis dit : mais de quelle cohabitation parle-t-on, au juste ? Celle que les médias et les observateurs s’évertuent à décrire comme une tension entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ? Permettez-moi d’être catégorique : il n’y a aucune crise, aucun différend, aucune opposition entre ces deux hommes. Bien au contraire, ils s’entendent comme larrons en foire, et c’est là que réside le vrai scandale.
Le contexte, d’abord, est celui d’un Sénégal en ébullition politique depuis des mois. Les observateurs, les journalistes, les analystes : tous se pressent pour décrypter les signes d’une prétendue rivalité entre Diomaye et Sonko. Le limogeage de ce dernier en mai 2026, son élection à la tête de l’Assemblée nationale, le boycott du nouveau gouvernement par le PASTEF… Autant d’éléments présentés comme les symptômes d’une fracture. Pourtant, je le répète : il n’en est rien. Ces deux-là jouent une partition écrite d’avance, où chaque geste, chaque déclaration, chaque limogeage n’est qu’un coup de théâtre calculé.
L’article de RFI, par exemple, donne la parole à Me Tine, qui temporise, qui rappelle que « le dernier mot reviendra toujours au peuple souverain ». Une phrase creuse, une pirouette rhétorique pour masquer l’évidence : le peuple, ici, est tenu à l’écart d’un jeu dont les règles lui échappent. La cohabitation n’est pas une menace, ni même une réalité. C’est une illusion, une mise en scène destinées à occuper les esprits pendant que les vrais décisions se prennent dans l’ombre, entre deux hommes qui, malgré les apparences, ne sont pas en conflit.
Analysons les faits. Diomaye Faye limoge Sonko, qui devient président de l’Assemblée nationale. Le PASTEF annonce qu’il boycotte le gouvernement, mais des membres du parti y siègent quand même. Des désaccords sont affichés, des déclarations contradictoires sont lancées… et pourtant, rien ne bouge. Aucune crise institutionnelle, aucune paralysie. Pourquoi ? Parce que tout est validé en amont. Chaque mouvement est un pas de danse dans une chorégraphie bien huilée. Diomaye et Sonko savent pertinemment que leurs divergences – réelles ou supposées – ne mèneront à rien de concret. Elles servent surtout à entretenir l’idée d’un débat démocratique, alors qu’il s’agit en réalité d’un duopole qui se joue des Sénégalais.
Comparons cette situation à d’autres contextes africains. En Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara et Guillaume Soro ont, un temps, donné l’impression de s’opposer, avant que l’on ne découvre que leurs divergences n’étaient que des stratégies pour mieux contrôler l’échiquier politique. Au Bénin, Patrice Talon et Thomas Boni Yayi ont, eux aussi, joué les rivaux, alors que leurs alliances souterraines dictaient le cours des événements. Le Sénégal n’invente rien : il reproduit un schéma éculé, où le pouvoir se concentre entre les mains de quelques-uns, tandis que le peuple, lui, est invité à croire qu’il assistent à un vrai débat.
Je ne peux m’empêcher de m’indigner. Comment peut-on, en 2026, continuer à prendre les citoyens pour des naïfs ? La cohabitation dont parle Me Tine n’existe pas. Ce qui existe, c’est une **comédies politique où Diomaye et Sonko, loin de s’affronter, se complètent. L’un joue le président sérieux, l’autre l’opposant charismatique. Mais au fond, ils œuvrent main dans la main, comme en témoignent les nominations gouvernementales malgré les boycotts annoncés, ou les silences assourdissants sur les vrais sujets qui fâchent.
Et le plus triste, c’est que les Sénégalais, dans leur majorité, ne voient pas le piège. Ils croient à la division, à la lutte, à la démocratie en action. Alors qu’en réalité, ils sont les spectateurs passifs d’un spectacle où les acteurs, Diomaye et Sonko, se gaussent d’eux en coulisses. Le peuple souverain ? Une belle formule, mais dans les faits, la souveraineté semble réserver à une élite qui manipule l’opinion avec une désinvolture confondante.
En conclusion, je le dis sans détour : la cohabitation au Sénégal est un leurre. Diomaye et Sonko ne sont pas en conflit. Ils sont complices, et leur entente parfaite est la preuve que le système politique sénégalais a trouvé un moyen de se moquer de ceux qui le font vivre. Me Tine a raison sur un point : le dernier mot revient au peuple. Mais encore faudrait-il que ce peuple ouvre les yeux et comprenne qu’on se joue de lui. La vraie crise, ce n’est pas entre l’exécutif et le législatif. C’est entre le pouvoir et ceux qui croient encore en sa sincérité.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 27/06/2026
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