Transhumance politique : Ça change de camp, pas le quotidien des Sénégalais - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Maimouna | Publié le 30/09/2026 02:09:30

Transhumance politique : Ça change de camp, pas le quotidien des Sénégalais

La scène politique ressemble aujourd’hui à une foire où l’on change d’étalage sans réparer les étables. L’auteur juge la transhumance comme une diversion dangereuse : pendant que des responsables sautent d’un parti à un autre, la santé, l’éducation et les infrastructures dépérissent.

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Suite de l’article : Cette critique est sans complaisance, car la politique ne devrait pas être un jeu de chaises musicales quand les hôpitaux manquent de lits et que des écoles tombent en ruine.

La pratique de la transhumance a des racines connues : calculs d’équilibres, ambitions personnelles, recherche d’immunité politique. Le problème, ici, ne tient pas seulement aux motivations des élus mais aux conséquences visibles pour la population. Les ministères se transforment en ateliers de recomposition d’alliances plutôt qu’en laboratoires de politiques publiques. Les dossiers médicaux attendent, les listes d’attente s’allongent, les toitures des classes fuient pendant que l’essentiel est mis en pause.

Analyser le phénomène implique de mesurer un coût que l’on hésite souvent à chiffrer. Chaque heure consacrée à négocier un transfert est une heure retirée à la supervision d’un chantier de santé ou à la distribution de fournitures scolaires. Le signal envoyé aux fonctionnaires est simple et dévastateur : la carrière politique prime sur le service public. La démotivation gagne les hôpitaux et les écoles, et les ingénieurs voient leurs travaux retardés parce que les arbitrages budgétaires servent à cimenter des majorités fragiles.

Les conséquences sociales sont déjà palpables. Les familles qui attendaient une consultation voient leur espoir réduit à un rendez-vous lointain. Les jeunes qui entraient dans une classe surchargée se retrouvent avec des cahiers sans professeur. Les routes défoncées isolent des villages et augmentent le coût des transports pour des ménages déjà pressurés. Comparer la transhumance à un feu d’artifice qui éblouit sans chauffer la nuit est pertinent, de même qu’imaginer ce phénomène comme un tour de passe-passe qui masque l’absence de résultats l’est aussi.

L’argument moral rejoint l’argument pratique : gouverner, ce n’est pas collectionner des soutiens, c’est améliorer des vies. Quand la discussion politique s’emballe autour des transferts d’étiquette, les véritables priorités s’effritent. La santé publique réclame des décisions structurelles et des financements stables, l’éducation exige des recrutements et une logistique continue, les infrastructures demandent des suivis techniques et de la transparence. Ces tâches demandent de la constance, pas des volte-face.

Un élu qui change de camp sans expliquer comment il réparera un centre de santé abandonne sa responsabilité devant les citoyens. Une administration occupée à gérer les retombées politiques d’un départ ou d’une arrivée voit ses projets ralentir. L’image du pays « en pause » n’est pas une formule vide : elle décrit des vies en suspens et des services publics laissés sans réponses concrètes. La phrase « Le Sénégal est en pause, tout est à l’arrêt, sauf la transhumance » résonne comme un constat brutal et amer.

La critique porte donc un message simple et pressant, sans appel à des slogans : la politique qui détourne son énergie vers des mouvements d’appartenance trahit l’intérêt général. Tant que les calculs d’appareils primeront sur la remise en état des hôpitaux, la modernisation des écoles et la réhabilitation des routes, les citoyens continueront de payer le prix de cette diversion. La politique mérite mieux que ce spectacle; les services publics exigent une attention qui ne peut être remplacée par des commutations d’étiquette.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Aissatou S.
Mis en ligne : 30/09/2026

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