Kiiraay au Sénégal : Quand la politique oublie le quotidien - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Eva | Publié le 27/09/2026 12:09:09

Kiiraay au Sénégal : Quand la politique oublie le quotidien

Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans le spectacle politique qui se joue actuellement au Sénégal.

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Suite de l’article : Pendant que le débat public semble se passionner pour les adhésions, les ralliements et les recompositions autour de Kiiraay, une question mérite d’être posée : qu’est-ce qui change réellement dans la vie quotidienne des Sénégalais ?

C’est précisément le coup de gueule lancé par le député Thierno Alassane Sall. Dans une tribune publiée le 23 septembre 2026, il dénonce un débat politique qu’il juge déconnecté des difficultés vécues par une partie de la population. Il cite l’accès à l’électricité et à l’eau, les difficultés sanitaires, l’insécurité, le coût du carburant et l’émigration irrégulière.

Et franchement, il est difficile de ne pas comprendre cette interrogation.

Le Sénégal se prépare à accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026, un événement historique pour le continent africain. Les autorités ont annoncé une feuille de route de 30 mesures pour finaliser les infrastructures, la sécurité, la santé et les transports. Mais derrière les grandes infrastructures et les cérémonies annoncées, il y a un autre Sénégal : celui des familles qui veulent simplement avoir de l’eau, de l’électricité, des soins accessibles et la possibilité de vivre dignement.

C’est là que le débat autour de Kiiraay devient révélateur.

Le parti lancé par le président Bassirou Diomaye Faye en juillet 2026 est né dans un contexte de rupture politique avec son ancien allié Ousmane Sonko et cherche désormais à construire sa propre base politique. Cette recomposition est évidemment légitime dans une démocratie. Les partis ont le droit de se créer, de s’organiser et de rechercher des soutiens.

Mais le problème commence lorsque la politique politicienne finit par devenir le sujet principal alors que les problèmes sociaux restent au second plan.

Thierno Alassane Sall utilise l’image du « soupou kandja » pour dénoncer ce qu’il considère comme un assemblage de différentes sensibilités politiques. La formule est mordante. Mais derrière la provocation, il y a une vraie question démocratique : une nouvelle formation politique doit-elle être jugée principalement sur le nombre de personnalités qui la rejoignent, ou sur sa capacité à répondre aux attentes concrètes des citoyens ?

Cette situation n’est d’ailleurs pas propre au Sénégal. Dans plusieurs pays africains, les coalitions politiques se sont construites autour de rapprochements parfois surprenants, avant de se retrouver confrontées aux mêmes difficultés : emploi, coût de la vie, accès aux services publics et confiance des citoyens. En Gambie, par exemple, les discussions autour des alliances politiques en 2026 ont ravivé le débat sur les conditions nécessaires pour qu’une coalition soit crédible et durable.

Le Sénégal doit donc éviter un piège : confondre recomposition politique et transformation sociale.

On peut changer de parti, multiplier les ralliements et modifier les alliances. Mais si, au bout du compte, le citoyen continue de subir les mêmes difficultés, le changement reste essentiellement politique.

Le véritable enjeu n’est donc pas seulement de savoir qui rejoint Kiiraay. Il est de savoir ce que Kiiraay, Pastef ou les autres formations proposent concrètement pour l’eau, l’électricité, la santé, l’emploi, la sécurité et le pouvoir d’achat.

Parce qu’un peuple ne se nourrit pas de recompositions partisanes. Il attend des résultats.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 27/09/2026

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