« Il faut arrêter Sonko » : Jouer avec le feu, encore une fois ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Maimouna | Publié le 30/10/2026 12:10:30

« Il faut arrêter Sonko » : Jouer avec le feu, encore une fois ?

Il y a des déclarations qui donnent froid dans le dos, surtout lorsqu’elles viennent de responsables politiques qui devraient mesurer le poids de leurs paroles. « Il faut une solution sur Ousmane Sonko, on doit l’arrêter. »

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Suite de l’article : Ces propos, attribués à Arouna Ndoffène Diouf, responsable du parti Kiiraay, méritent une réflexion sérieuse. Car au Sénégal, évoquer l’arrestation d’Ousmane Sonko, c’est aussi réveiller les souvenirs douloureux d’une période que beaucoup de Sénégalais n’ont pas oubliée : mars 2021.

« Il faut arrêter Sonko » ? Dans tes rêves ! Avez-vous oublié 2021 ? Cette question n’est pas une invitation à la confrontation. C’est un rappel à la responsabilité. Le Sénégal a déjà vécu des tensions politiques majeures autour de l’affaire judiciaire impliquant Ousmane Sonko. Les manifestations de mars 2021 avaient plongé le pays dans une crise profonde, marquée par des violences, des pertes en vies humaines et des dégâts matériels. Cet épisode reste une blessure dans la mémoire collective.

Alors, pourquoi employer aujourd’hui des mots susceptibles de raviver les inquiétudes ? Pourquoi donner l’impression que l’arrestation d’un adversaire politique pourrait constituer une solution à un désaccord ? La politique est un espace de confrontation des idées, pas un terrain où l’on brandit la privation de liberté comme une réponse aux rivalités.

Ousmane Sonko n’est certes pas au-dessus des lois. Comme tout citoyen, il doit répondre de ses actes devant la justice lorsque des procédures légalement fondées le justifient. Mais la règle doit être la même pour tous : aucune personnalité ne devrait être poursuivie simplement parce qu’elle dérange politiquement. La justice doit reposer sur des faits, des preuves et des procédures régulières, jamais sur des calculs partisans.

Regardons ce qui s’est passé ailleurs. En Côte d’Ivoire, la crise postélectorale de 2010-2011 a montré jusqu’où les rivalités politiques peuvent conduire lorsque les institutions, les acteurs politiques et les mécanismes de règlement des conflits ne parviennent pas à préserver la confiance. Le contexte ivoirien était différent de celui du Sénégal en 2021, mais cette comparaison rappelle une évidence : lorsque les tensions politiques s’aggravent, ce sont d’abord les populations qui en paient le prix.

C’est précisément pour éviter de nouvelles fractures que les responsables politiques sénégalais doivent faire preuve de retenue. Une déclaration ne provoque pas automatiquement une crise, mais les mots ont des conséquences lorsqu’ils s’inscrivent dans un climat déjà tendu.

Le député Cheikh Bara Ndiaye a réagi en alertant les autorités religieuses ainsi que les opinions nationale et internationale. Au Sénégal, les guides religieux peuvent contribuer à l’apaisement et au dialogue. Toutefois, la responsabilité ne peut pas leur être entièrement transférée. Les responsables politiques doivent eux-mêmes refuser l’escalade verbale.

A-t-on réellement tiré toutes les leçons de mars 2021 ? C’est la question qui devrait préoccuper chaque acteur public. Le pays a besoin de débats sur l’emploi, le coût de la vie, l’éducation, la santé et l’avenir de sa jeunesse, pas de déclarations qui ramènent constamment la confrontation politique au premier plan.

Critiquer Sonko est un droit. Contester ses choix est légitime. Mais transformer son arrestation en slogan politique soulève une question dangereuse pour la démocratie.

Le Sénégal mérite mieux que le retour des vieux réflexes de confrontation. Avez-vous oublié 2021 ? Les Sénégalais, eux, n’ont pas oublié.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 30/10/2026

—

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top