Le rejet en commission du projet de loi de finances rectificative (LFR) révèle une réalité inquiétante au sommet de l’État sénégalais : les tensions entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko risquent de prendre le dessus sur les urgences nationales.
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Suite de l’article : Pendant que les deux camps semblent s’affronter par responsables interposés, les Sénégalais, eux, attendent des réponses concrètes à leurs difficultés quotidiennes.
La sortie de Mary Teuw Niane, directeur de cabinet du président Diomaye, contre Ousmane Sonko est particulièrement sévère. Il accuse le leader de la majorité de vouloir exercer une pression sur le gouvernement en menaçant de bloquer le vote de la LFR et du budget initial de 2027. Selon lui, la République ne peut pas être prise en otage par les ambitions d’un seul homme.
Mais au-delà des accusations, une question dérange : comment un pouvoir élu sur la promesse de rupture peut-il en arriver à exposer publiquement de telles divisions ? Les Sénégalais n’ont pas voté pour assister à une bataille de positionnement entre ceux qui étaient hier présentés comme les deux piliers d’un même projet politique. Ils ont voté pour le changement, la transparence et l’amélioration de leurs conditions de vie.
Le plus inquiétant, ce n’est pas seulement le rejet d’un texte budgétaire, mais le risque de voir les institutions devenir des instruments de règlement de comptes politiques. Un budget n’est ni la propriété de Diomaye ni celle de Sonko. C’est un instrument destiné à financer les politiques publiques, les services essentiels et les engagements de l’État. Si son examen devient un moyen de faire pression sur un adversaire politique, c’est toute la crédibilité de l’action gouvernementale qui est fragilisée.
L’exemple de la Belgique, qui a connu de longues périodes de blocage politique et de négociations difficiles pour former un gouvernement, rappelle qu’une crise entre responsables politiques peut ralentir la prise de décision et compliquer la conduite des affaires publiques. Certes, les contextes institutionnels diffèrent, mais la leçon est claire : lorsque les rivalités prennent le dessus, les compromis deviennent plus difficiles et les citoyens risquent d’en subir les conséquences.
Au Sénégal, cette confrontation est d’autant plus préoccupante que les autorités doivent répondre à des attentes pressantes en matière d’emploi, de pouvoir d’achat, de financement des services publics et de redressement économique. Dans ce contexte, les querelles au sommet ne peuvent pas constituer la priorité nationale.
Cependant, il faut aussi éviter de confondre critique politique et preuve de culpabilité. Les accusations de Mary Teuw Niane sont celles d’un responsable engagé aux côtés du président. Elles méritent d’être examinées, mais elles ne suffisent pas, à elles seules, à établir que Sonko cherche effectivement à prendre la République en otage. De son côté, l’Assemblée nationale a le droit d’examiner les textes budgétaires et de contester les choix du gouvernement.
Le véritable enjeu est donc de savoir si le désaccord sera réglé par le dialogue institutionnel ou aggravé par une guerre de déclarations.
Diomaye et Sonko doivent comprendre une chose : la confiance populaire n’est pas un chèque en blanc. Si leur relation politique se transforme en bras de fer permanent, ils risquent de décevoir ceux qui ont porté leur projet au pouvoir.
Le Sénégal n’a pas besoin d’un vainqueur dans une bataille d’ego. Il a besoin de dirigeants capables de dépasser leurs différends pour faire fonctionner l’État. La rupture promise ne se mesurera pas au nombre d’accusations échangées, mais à la capacité des institutions à servir les citoyens, même lorsque ceux qui les dirigent ne sont plus d’accord.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 27/10/2026
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