Le jour où j’ai perdu mon salaire, ma famille m’a abandonnée - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Confidence | Par Maimouna | Publié le 31/10/2026 11:10:30

Le jour où j’ai perdu mon salaire, ma famille m’a abandonnée

Je m’appelle Fatou. Pendant douze ans, j’ai été le pilier financier de ma famille. À Dakar, tout le monde savait que lorsqu’un problème d’argent survenait, il suffisait de m’appeler pour trouver une solution.

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Suite de l’article : Mon grand frère devait payer son loyer ? Je sortais mon portefeuille. Ma petite sœur avait besoin d’argent pour les fournitures scolaires de ses enfants ? Je me privais pour l’aider. Même certains cousins, qui ne prenaient de mes nouvelles que lorsqu’ils avaient des difficultés, savaient qu’ils pouvaient compter sur moi.

Je ne me plaignais jamais. Chez nous, on m’avait appris que la famille est sacrée et qu’une personne qui a les moyens doit soutenir les siens. Alors, je travaillais dur, je faisais des sacrifices et je repoussais mes propres projets pour que les autres puissent vivre dignement. Mais un jour, tout a basculé. J’ai perdu mon emploi.

Au début, je n’ai rien dit à personne. J’ai utilisé mes économies pour payer mes factures et continuer à aider les enfants de ma sœur. Je pensais que cette période serait courte. Malheureusement, les mois passaient et ma situation devenait de plus en plus difficile.

C’est alors que j’ai décidé d’appeler ceux que j’avais soutenus pendant toutes ces années.

Mon grand frère m’a répondu qu’il avait déjà trop de charges. Ma sœur m’a promis de me rappeler, mais son téléphone est resté silencieux. Quant à un cousin que j’avais aidé à démarrer son commerce, il m’a simplement dit : « Fatou, chacun doit se débrouiller dans la vie. »

Cette phrase m’a profondément blessée.

Je ne réclamais pas le remboursement de tout ce que j’avais donné. Je voulais simplement sentir que je comptais encore pour eux. Un peu de soutien, quelques paroles rassurantes, une visite à la maison… C’était tout ce que j’espérais.

Quelques mois plus tard, j’ai finalement retrouvé du travail. Mais mon regard sur la famille avait changé.

Aujourd’hui, je continue d’aimer mes proches. Je participe aux baptêmes, aux mariages et aux événements familiaux. Seulement, j’ai appris à poser des limites. Je ne veux plus sacrifier mon avenir pour ceux qui disparaissent lorsque je traverse des difficultés.

Je me pose encore cette question : lorsqu’on a porté toute une famille pendant des années, est-ce trop demander que d’espérer un peu de solidarité le jour où l’on tombe ?

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 31/10/2026

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