Ce mercredi, Barthélémy Dias, ancien maire de Dakar, s’est rendu à la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss pour visiter Abdou Nguer et Modou Fall, deux chroniqueurs de la Sen TV détenus pour diffusion de fausses informations concernant la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Si ce geste peut paraître noble à première vue, il soulève en réalité des questions fondamentales sur la responsabilité des médias et la manipulation de l’opinion publique.
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Suite de l’article : La mort tragique d’Abdoulaye Bâ à l’UCAD en février 2026 a profondément ému le Sénégal. Les circonstances officielles, confirmées par le procureur de la République, indiquent qu’il est décédé des suites d’une chute lors d’affrontements entre étudiants et forces de l’ordre, et non de violences policières comme l’ont affirmé certains médias et réseaux sociaux. Pourtant, Abdou Nguer et Modou Fall ont relayé des informations non vérifiées, contribuant à attiser les tensions et à semer la confusion dans un climat déjà explosif. Leur incarcération, bien que critiquée par certains, rappelle une vérité simple : la diffusion de fausses nouvelles n’est pas un acte anodin, surtout lorsqu’elle met en danger la cohésion sociale et la stabilité du pays.
La visite de Barthélémy Dias à Rebeuss, bien que présentée comme un acte de soutien à la liberté d’expression, apparaît surtout comme une instrumentalisation politique. En effet, comment ne pas voir dans ce geste une tentative de capitaliser sur une cause médiatique, alors que les chroniqueurs incarcérés sont accusés d’avoir propagé des informations mensongères ? La liberté de la presse est un pilier de la démocratie, mais elle ne saurait justifier l’impunité pour ceux qui, par négligence ou malveillance, diffusent des fausses nouvelles. Le Sénégal, d’ailleurs, a récemment renforcé son arsenal juridique pour lutter contre la désinformation, avec la création du Conseil national de régulation des médias (CNRM), une mesure qui, bien que controversée, répond à un besoin réel de régulation.
Il est troublant de constater que des personnalités politiques, au lieu de promouvoir un débat responsable et fondé sur des faits, choisissent de soutenir des individus dont les actions ont contribué à aggraver une crise déjà profonde. La liberté d’expression ne doit pas servir de bouclier pour protéger ceux qui, par leurs propos, sapent la confiance dans les institutions et alimentent la division. Les médias, en particulier, ont une responsabilité particulière : informer avec rigueur, et non amplifier les rumeurs.
Certains y verront une atteinte à la liberté de la presse, surtout après la chute du Sénégal au classement de Reporters sans frontières. Pourtant, il est essentiel de distinguer la critique légitime du pouvoir de la diffusion délibérée de fausses informations. Le CNRM, bien que critiqué pour ses pouvoirs étendus, vise à encadrer un espace médiatique de plus en plus pollué par la désinformation. La question n’est pas de museler la presse, mais de garantir que l’information diffusée soit vérifiée et responsable.
La visite de Barthélémy Dias à Rebeuss, si elle peut être interprétée comme un acte de solidarité, ne doit pas occulter l’essentiel : la nécessité de responsabiliser ceux qui, par leurs propos, mettent en danger la paix sociale. La liberté d’expression est un droit fondamental, mais elle s’accompagne de devoirs. Dans un pays où les tensions sont déjà vives, il est plus que jamais crucial de privilégier la vérité à la polémique, et la rigueur à la désinformation.
Je reste convaincu que le Sénégal mérite mieux que des postures politiques et des informations non vérifiées. La mémoire d’Abdoulaye Bâ, comme celle de tous les citoyens, mérite le respect de la vérité.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 21/04/2026
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