Le député Thierno Alassane Sall a déclaré récemment au Sénégal que la gouvernance actuelle n’a pas tenu ses promesses, en particulier dans le secteur agricole, et il a accusé les autorités d’ignorer les difficultés de commercialisation des petits producteurs.
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Suite de l’article : Il a pointé la priorité donnée, selon lui, aux calculs politiques en vue de la présidentielle de 2029 plutôt qu’aux besoins des paysans. Ces accusations ont été tenues lors d’interventions publiques cette année.
La suite du propos adopte un ton incisif: le portrait flatteur du député se révèle brouillé par des contradictions et des intérêts qui méritent examen, car la lecture partisane risque d’éloigner les politiques des problèmes concrets des agriculteurs.
Le secteur agricole occupe une place centrale dans l’économie nationale et dans la subsistance de nombreuses familles, et la commercialisation reste un maillon fréquemment cité comme défaillant par les producteurs et les observateurs ruraux.
L’attaque de Thierno Alassane Sall se concentre sur un point précis: la commercialisation des récoltes. C’est un fait que les petits producteurs rencontrent des obstacles logistiques, un accès limité aux marchés formels et une volatilité des prix qui érode leurs revenus. Des enquêtes de terrain menées par des organisations agricoles décrivent des routes impraticables, un manque de plateformes d’achat et des intermédiaires qui captent la plus-value. Le discours du député reprend ces préoccupations, mais il reste partiel: il met en lumière une défaillance réelle sans préciser les solutions techniques ni les priorités budgétaires nécessaires pour y remédier.
Le profil public de Thierno Alassane Sall mérite d’être analysé à partir de faits vérifiables. D’abord, son positionnement politique lui confère une visibilité qui permet d’amplifier des revendications rurales. Ensuite, ses interventions privilégient la critique du pouvoir plutôt que la proposition de mécanismes concrets: il accuse la priorité donnée aux échéances électorales, sans détailler de stratégie alternative pour améliorer la chaîne de valeur agricole. Cette absence d’alternatives publiques nourrit le doute sur l’objectif réel du discours: s’agit-il d’une défense sincère des producteurs ou d’un message calibré pour consolider une image politique?
Comparaison avec d’autres discours publics montre une différence nette: certains acteurs syndicaux et ONG proposent des plans précis, comme la facilitation de l’accès aux infrastructures de stockage, la mise en place de marchés de regroupement et le soutien au transport collectif des récoltes. En comparaison, la rhétorique du député se contente de dénoncer, sans chiffrer d’engagements ni préciser des partenariats possibles avec les collectivités territoriales et les opérateurs privés.
Le portrait flatteur qui accompagne souvent la figure du député masque plusieurs contradictions. Il se présente en porte-voix du monde rural tout en négligeant d’exposer ses liens potentiels avec des acteurs économiques urbains qui bénéficient d’un statu quo commercial. Cette ambivalence est observable lorsque une revendication politique mobilise l’émotion mais omet d’expliquer les coûts et les sources de financement des mesures proposées. La lecture partisane de ce type de discours fragilise le débat public en détournant l’attention des mesures techniques indispensables pour améliorer l’accès aux marchés.
Des études récentes sur le secteur montrent que la réduction des pertes post-récolte passe par des investissements modestes mais ciblés: centres de stockage locaux, circuits courts et plateformes numériques de mise en relation entre producteurs et acheteurs. Des programmes pilotes menés dans des régions voisines ont prouvé qu’une meilleure organisation des coopératives augmente le pouvoir de négociation des producteurs et réduit l’emprise des intermédiaires.
Les critiques de Thierno Alassane Sall portent sur des réalités avérées du monde agricole, mais leur efficacité dépendra de la traduction en politiques publiques précises. Le risque est que la mise en valeur personnelle du député serve d’abord une stratégie politique plutôt que de fédérer des solutions techniques éprouvées. Les petits producteurs attendent des réponses concrètes: infrastructures, accès aux marchés et mécanismes de régulation des prix; sans cela, les dénonciations resteront des paroles sans suite.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Fatou Kiné D.
Mis en ligne : 22/04/2026
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