Le vendredi au palais présidentiel de Dakar, le président Bassirou Diomaye Faye a reçu des députés du parti Pastef pour un « ndogou ». Le député Abdoulaye Thomas Faye, présent à la rencontre, a qualifié la sortie de la réunion de peu enthousiaste et a estimé que les rapports entre le chef de l’État et le premier ministre Ousmane Sonko restaient « froids ». La rencontre a donc fait émerger un constat de division manifeste au sommet de l’État.
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Suite de l’article : Je m’exprime sans détour: cette scène n’est pas une querelle de couloir sans conséquence, mais le symptôme d’un pouvoir qui sacrifie la mise en œuvre des réformes sur l’autel d’une rivalité personnelle. J’ai vu trop de promesses politiques se transformer en discours creux pour tolérer que l’avenir des citoyens devienne la variable d’ajustement d’un conflit d’hommes.
La tenue d’un ndogou au palais intervient alors que le gouvernement annonce des projets de réforme sociale et économique visant à améliorer les conditions de vie. La rumeur d’une tension persistante entre le président et le premier ministre alimente l’inquiétude parmi les élus et les observateurs.
Je ne suis pas naïf: les luttes de pouvoir ont toujours existé dans les régimes politiques. Le problème ici dépasse la simple rivalité. Quand un député décrit la relation entre le président et le premier ministre comme « froide », il expose une défaillance structurelle. Les administrations ne fonctionnent pas à l’ombre d’un affrontement personnel sans que l’exécution des politiques en soit affectée. Les réformes demandent coordination, confiance et délégation de pouvoir. Si la priorité réelle reste la mise en scène d’un leadership, les dossiers techniques, les budgets et les calendriers se diluent dans l’incertitude.
En un, une réforme n’avance pas avec des acteurs qui ne sont pas sur la même longueur d’ondes. La réussite d’un plan de redistribution, d’un programme d’infrastructures ou d’une politique de santé repose sur des équipes synchronisées. Quand le sommet est paralysé, les ministères périment dans l’attente d’ordres contradictoires, les bailleurs hésitent, et les entreprises perdent la confiance nécessaire pour investir.
De deux, il y a un coût humain à cette dispute. Les familles qui attendaient des améliorations de service public ou des créations d’emplois ne se satisfont pas d’un spectacle politique. Le risque est que la population finisse par associer le pouvoir à des cabales personnelles plutôt qu’à des réponses concrètes à la précarité. J’ai vu des promesses se dissoudre en promesses de plus, et cela creuse le fossé entre la classe politique et la société.
Et de trois, l’image internationale du pays pâtit d’un pouvoir divisé. Les partenaires financiers et les investisseurs évaluent la stabilité politique avant de s’engager. Une administration désunie réduit la marge de manœuvre dans les négociations sur des prêts, des aides et des partenariats techniques. C’est encore la population qui paie l’addition quand les projets se retardent ou se contractent.
La division observée ne doit pas être présentée comme un simple désaccord de personnes. Il s’agit de choix de priorité. Est-ce que la direction du pays veut consacrer son énergie à imposer une domination interne ou à conduire des politiques publiques transformantes? Le soupçon que des jeux d’appareils priment sur l’intérêt public remet en question la sincérité des engagements pris devant les citoyens. J’ose comparer cette situation à une entreprise où le directeur général et le directeur opérationnel se livrent à une lutte de pouvoir: la production chute et les clients désertent. J’ose aussi comparer l’érosion de la confiance publique à une banque qui perd ses déposants: une fois la fuite engagée, la réparation devient douloureuse.
Les projets annoncés réclament des calendriers précis et des enveloppes budgétaires suivies d’actions administratives réelles. Les réponses aux crises alimentaires, aux déficits en santé et aux besoins en logement nécessitent des fiches techniques, des marchés publics transparents et des équipes stabilisées. Sans une chaîne de responsabilité claire, les instruments administratifs restent lettre morte. Les témoignages d’élus présents au ndogou renforcent l’alerte: la parole d’un député n’est pas un bruit de couloir quand elle émane d’un témoin direct.
Je ne peux pas admettre que la vie des citoyens soit reléguée au second plan pour un duel politique. Si la rivalité entre le président et le premier ministre continue à primer, les réformes promises resteront des vœux pieux et la colère sociale s’intensifiera. Le pays ne peut pas se permettre que nos dirigeants, que je respecte devienne l’obstacle principal à l’action publique. J’attends des responsables qu’ils choisissent enfin la mise en œuvre concrète des projets plutôt que la victoire symbolique d’un affrontement, car la crédibilité d’un gouvernement se mesure dans la réalité des vies qu’il transforme.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 15/04/2026
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