Lors de la cérémonie d’ouverture du festival Pencum Niany à Koumpentoum, deux députés du parti Pastef, Moussa Mbaye et Awa Sow, ont refusé de se lever à l’arrivée de la préfète du département, Safiatou Joséphine Dieng, obligeant le commandant de la brigade territoriale à intervenir pour rappeler le protocole et obtenir leur obtempération.
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Les deux élus ont ensuite accusé la préfète d’une « posture partisane », tandis que des responsables locaux ont rappelé l’ordre de préséance fixé par le décret n°99-252 du 19 mars 1999.
L’incident, bien que bref, a créé une tension visible et posé publiquement la question du respect des usages républicains lors d’une cérémonie officielle. Le geste des parlementaires, enregistré et commenté, a rapidement pris une dimension politique, avec des prises de parole publiques et une mise en lumière des conflits antérieurs dans le département.
L’échange a eu lieu devant une assistance qui, pour l’essentiel, a respecté le protocole en se levant; la réaction des députés a été isolée mais fortement symbolique. Des responsables comme la députée Mame Diarra Fam et le maire Alioune Ndoye sont intervenus pour rappeler le cadre institutionnel.
Le refus de se lever de deux parlementaires transforme un acte protocolaire en incident politique susceptible d’être instrumentalisé. Les cérémonies publiques reposent sur des codes visibles: salut, préséances, et signes d’autorité républicaine. Quand des élus les bafouent, le message dépasse l’instant et déborde sur la crédibilité des institutions. Ici, la séquence factuelle est simple: refus d’obtempérer, intervention de la force publique locale, finalement conformité formelle. Le rituel a été maintenu, mais la rupture symbolique a déjà eu lieu.
Le premier argument repose sur la normalisation du mépris des usages. Si des élus considèrent qu’ils peuvent ignorer les règles lors de manifestations publiques, ils créent un précédent. Le deuxième point tient à l’instrumentalisation: un geste protocolaire peut être exploité comme démonstration de force politique, destinée à galvaniser une base ou à stigmatiser un représentant de l’État. Le troisième élément est la fragilisation des intermédiaires de l’autorité: la préfète, en tant que symbole de l’État dans le département, voit sa neutralité contestée publiquement, ce qui rend plus difficile l’exercice serein de sa fonction administrative.
Factuellement, le rappel au décret de 1999 par le maire de Dakar-Plateau donne un cadre légal à la situation et montre que les règles existent; l’écart entre texte et comportement devient problématique lorsqu’il est utilisé comme instrument politique. En comparaison avec d’autres incidents protocolairement tendus observés en milieu local, la séquence de Koumpentoum ressemble à des cas où la scène publique est délibérément choisie pour produire un effet médiatique. Comparée à des pratiques institutionnelles plus disciplinées, cette tactique réduit l’espace de dialogue formel et accentue la polarisation.
Des études sur la confiance institutionnelle montrent que la répétition d’actes de défiance publique envers les symboles d’État corrèle avec une baisse de la légitimité perçue des autorités locales. Les textes réglementaires, comme le décret n°99-252, existent précisément pour éviter l’arbitraire; leur mise en cause publique nécessite des réponses claires des institutions et des formations continues des cadres administratifs et politiques.
L’épisode de Koumpentoum illustre comment un geste apparemment mineur peut ouvrir une brèche institutionnelle: refus de salut protocolaire, accusation de partialité, rappel du décret. Les faits montrent un risque tangible d’instrumentalisation des cérémonies publiques par des acteurs politiques cherchant une visibilité ou une provocation. Pour préserver la crédibilité des institutions, il conviendra que les responsables, qu’ils soient administratifs ou élus, respectent les usages républicains et que les règles prévues par le droit restent effectivement appliquées et défendues.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Moussa T.
Mis en ligne : 29/04/2026
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