Après dix jours de paralysie des transports routiers, la Fédération nationale des syndicats des transports routiers a levé son mot d’ordre de grève après une rencontre entre Fallou Samb, secrétaire général de la fédération, les ministres Bamba Cissé (Intérieur) et Yankhoba Diémé (Transports terrestres) et l’arbitrage du président Bassirou Diomaye Faye.
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Suite de l’article : L’accord a été conclu sur quatre points et vise la reprise immédiate des activités sur l’ensemble du territoire national.
La suspension de l’interdiction de circulation nocturne figure parmi les mesures actées, tout comme le rétablissement des postes mixtes de contrôle et l’envoi d’une note destinée à réduire les contrôles intempestifs en milieu urbain. Le régime social des travailleurs reste toutefois en suspens, et six points devront être examinés dans des commissions ad hoc.
La paralysie avait débuté dix jours plus tôt et affectait flux commerciaux et transports interurbains, les transporteurs évoquant une perte de revenus liée à l’interdiction nocturne et aux contrôles jugés excessifs.
L’accord en quatre points présente des éléments concrets mais révèle des limites factuelles qui expliquent pourquoi certains observateurs qualifient cette issue de bricolage politique. Premièrement, la suspension immédiate de l’interdiction de circulation nocturne répond à une urgence économique pour les transporteurs, la mesure ayant été décrite par le ministère de l’Intérieur comme impactant fortement les revenus. Ce rétablissement vise donc l’ordre public et le maintien des recettes à court terme plutôt que la refonte d’un cadre réglementaire du transport routier.
Deuxièmement, le rétablissement des postes mixtes de contrôle sur les corridors routiers améliore la coordination opérationnelle entre administrations, mais il ne traite pas des causes structurelles des tracasseries routières, telles que l’absence d’un système de contrôle informatisé ou d’un protocole national unique. La communication officielle prévoit l’envoi d’une note aux commissaires pour diminuer les contrôles intempestifs en milieu urbain, ce qui laisse entendre une simple injonction administrative plutôt qu’un mécanisme de contrôle et de reddition des comptes.
Troisièmement, le point sur le régime social des travailleurs reste ouvert et renvoyé à des commissions ad hoc chargées d’examiner six points restants. Le report de cette question sociale majeure montre que l’accord privilégie la reprise immédiate de la circulation au détriment d’une solution durable pour la protection sociale des conducteurs et des employés du secteur routier. La fédération a confirmé la reprise des activités tout en demandant la poursuite du dialogue, et Fallou Samb a déclaré: « Le mot d’ordre est levé. Nous demandons à tous les transporteurs de reprendre leurs activités en attendant la poursuite des concertations. »
Pour mesurer l’insuffisance de l’accord, il est utile de comparer la situation à celle d’autres pays de la région où des réformes structurelles ont accompagné la fin des mouvements sociaux, par exemple par l’instauration d’un statut de sécurité sociale spécifique ou par la création d’un observatoire national du transport routier. À l’inverse, des accords temporaires sans garanties sociales ont souvent abouti à des conflits récurrents et à une perte de confiance entre l’État et les syndicats.
Les mécanismes annoncés restent vagues sur les procédures de suivi et les délais d’application, et aucun calendrier chiffré n’a été communiqué pour l’examen des six points restants. L’absence de données sur l’impact économique exact du blocage et sur le coût social pour les travailleurs empêche d’évaluer la portée réelle des mesures annoncées.
L’accord en quatre points a permis la reprise rapide du trafic routier et a répondu à des besoins économiques urgents, mais il apparaît documenté comme une solution d’apaisement plutôt que comme le début d’une réforme profonde du secteur. La suspension de l’interdiction nocturne et la réactivation des postes mixtes améliorent la circulation, tandis que la mise à l’écart de la question du régime social expose les travailleurs à un risque de précarité prolongée. Sans calendrier précis ni garanties sociales, le maintien de la paix sociale semble fragile et dépendra de l’efficacité des commissions à traiter les dossiers restants.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Mbaye Dione.
Mis en ligne : 28/04/2026
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