La Chine a annoncé la suppression des droits de douane pour les produits en provenance de 53 pays africains à compter du 1er mai, excluant l’Eswatini.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Suite de l’article : Le président Xi Jinping avait proposé, en juin 2025 dans une lettre aux coordinateurs du FOCAC, de négocier et de signer un partenariat économique Chine-Afrique étendant le traitement tarifaire zéro à toutes les lignes tarifaires pour les pays entretenant des relations diplomatiques avec Pékin. Cette décision intervient un an après cette offre officielle.
La mesure est présentée par des responsables comme une opportunité commerciale et un allègement des coûts pour les petites entreprises. À Stockholm de ton prudent, les autorités africaines saluent l’ouverture tout en se confrontant aux risques structurels d’une libéralisation rapide sans contreparties industrielles.
Le changement cache une accélération des préférences commerciales déjà existantes: jusque-là, seuls 33 pays africains classés comme moins développés bénéficiaient de l’exonération, et vingt États supplémentaires sont à présent inclus. L’Eswatini reste exclu en raison de ses relations diplomatiques avec Taïwan, situation qui illustre l’articulation entre diplomatie et commerce dans la région. Des responsables sud-africains et kényans ont organisé des forums et des séminaires pour préparer l’effet immédiat sur les exportations et les entreprises locales.
La logique économique est simple et vérifiable: l’annulation des droits réduit le prix des produits importés et peut stimuler à la fois les exportations africaines vers la Chine et les importations chinoises vers l’Afrique. Parks Tau, ministre sud-africain du Commerce, a déclaré: « À partir du 1er mai, nous en tirerons parti. » Des acteurs privés estiment que ce mécanisme profitera surtout aux exportateurs agricoles sud-africains, comme les producteurs d’agrumes, de vin et de produits à base d’aloès, dont les envois vers la Chine pourraient croître. Manelisa Bane, entrepreneur sud-africain, a affirmé que « le fait que les droits de douane soient nuls revêt une importance capitale pour nous ; cela signifie des économies notables pour notre PME. »
L’argument central en défaveur de la mesure repose sur la vulnérabilité des chaînes de valeur locales. L’ouverture tarifaire sans mesures complémentaires peut accroître la pénétration de biens manufacturés à bas coût, concurrencer les industries naissantes et rendre les économies locales dépendantes d’importations d’intrants et de biens finis. Lorsque les entreprises locales n’ont pas la capacité de transformation, l’avantage tarifaire profite d’abord aux importations en amont et pas forcément au développement d’une industrie de transformation sur le continent.
Des éléments factuels renforcent cette inquiétude: les exonérations précédentes ciblaient essentiellement les pays les moins développés, où la transformation locale est limitée, et l’élargissement rapide touche maintenant des économies plus diversifiées mais souvent dépendantes d’importations d’équipements et de composants. Les séminaires tenus au Kenya, baptisés « Zéro droit de douane, des opportunités infinies », montrent l’espoir politico-économique; ils témoignent aussi de la nécessité d’anticiper les effets sur la qualité des produits, la normalisation et la compétitivité des PME.
Comparée à la situation antérieure, l’extension de 33 à 53 pays modifie l’équilibre régional en augmentant l’exposition de marchés variés aux flux chinois. Comparée à l’exception faite à l’Eswatini, l’initiative illustre que les choix diplomatiques continuent de conditionner l’accès aux préférences commerciales.
La mesure offrira sans doute des gains à court terme en réduisant les coûts d’exportation et en ouvrant des débouchés. Mais les faits connus et les mécanismes économiques indiquent un risque tangible de renforcement de la dépendance aux importations et d’érosion du contrôle national sur les chaînes de valeur. Les prochains mois fourniront des données concrètes sur l’impact réel de cette politique sur les volumes d’importation, la compétitivité industrielle et la capacité des pays africains à préserver et développer leurs filières de transformation.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Mariama S.
Mis en ligne : 13/05/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.





