Enlèvements ciblés en Guinée : La pression monte sur l’opposition - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 14/05/2026 09:05:00

Enlèvements ciblés en Guinée : La pression monte sur l’opposition

Le fils du blogueur en exil Ansou Damaro Camara, connu sous le pseudonyme « Général 5 étoiles », ainsi qu’un cadre du parti de l’opposition UFDG, Thierno Sadou Bah, sont portés disparus à Conakry depuis la semaine du 21 avril et mardi soir respectivement, selon leurs familles et leurs cercles politiques.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Suite de l’article : L’enlèvement du jeune Mohamed Camara a eu lieu à Kissosso, banlieue de Conakry, tandis que la disparition de M. Bah est signalée depuis le 21 avril.

Ces faits s’inscrivent dans un contexte de tension politique durable depuis la prise de pouvoir par le colonel Mamady Doumbouya en 2021 : depuis ce putsch, les enlèvements et les disparitions forcées visant des opposants ou leurs proches ont été signalés de façon répétée. Pour les familles, ces actions transforment le quotidien en attente angoissée, et la douleur privée devient un instrument public.

Le récit des dernières semaines restitue une logique de pression. Le mouvement citoyen Tournons la page affirme que l’adolescent de 15 ans « a été enlevé mardi soir à Kissosso », ajoutant que « Utiliser un adolescent de 15 ans comme moyen de pression… est non seulement illégal, mais moralement indéfendable. » L’ancien Premier ministre et chef de l’opposition Cellou Dalein Diallo a indiqué qu’un responsable de son parti était introuvable depuis le 21 avril et a dénoncé ce mode opératoire en écrivant: « Le mode opératoire, ainsi que la pratique consistant à faire disparaître des proches afin de s’en prendre aux voix critiques résidant à l’étranger, indiquent clairement que la junte est derrière ces enlèvements. »

L’assemblage des cas précédents renforce l’impression d’une stratégie. En mars, la mère et la sœur de l’opposant en exil Tibou Camara ont été enlevées par des hommes en treillis et relâchées cinq jours plus tard. À la fin de l’année précédente, quatre proches, dont deux enfants du chanteur exilé Elie Kamano, ont été enlevés, tout comme le père du journaliste Mamoudou Babila Keita, âgé de plus de 70 ans. Ces incidents suivent la même trame: proches de dissidents en exil ciblés sur le sol guinéen, séquestrés puis parfois relâchés sans explication publique.

L’analyse des faits montre plusieurs éléments concordants: la répétition des cibles (familles et proches), la localisation (Conakry et ses banlieues) et la nature des opérations (groupes armés ou individus en tenue). Comparé à la période précédant 2021, la fréquence et la visibilité de ces disparitions ont augmenté, selon les témoignages recueillis par les familles et les organisations civiles. Sur les derniers mois, ces cas sont plus rapprochés dans le temps, suggérant une intensification des pressions sur les voix critiques à l’extérieur du pays.

Les conséquences sont tangibles et humaines: exilés qui vivent sous la menace constante pour leurs proches, familles privées d’information et de recours judiciaires, climat de peur qui fragilise le débat public. Le recours aux enlèvements comme moyen de pression déplace la confrontation politique vers l’intimidation privée, ce qui affaiblit les voies institutionnelles de contestation et empêche des réponses judiciaires transparentes.

Des comparaisons factuelles avec d’autres périodes politiques montrent que l’usage de cette tactique correspond à une stratégie d’affaiblissement des oppositions extraterritoriales plutôt qu’à des opérations policières classiques. Les cas documentés au cours des douze derniers mois forment un corpus suffisant pour considérer ces incidents comme une pratique répétée, et non comme des événements isolés.

La multiplication des disparitions laisse des familles en quête de réponses et pose une question de responsabilité pour les autorités. Les éléments réunis par les proches et les responsables politiques exposent une tendance inquiétante d’intimidation systématique visant à réduire le bruit critique en exil, au prix d’une sévère atteinte aux droits et à la sécurité des personnes.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Aminata K.
Mis en ligne : 14/05/2026

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top