Lutte contre les inondations : Un éternel recommencement au Sénégal - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Environnement | Par Maimouna | Publié le 18/05/2026 12:05:45

Lutte contre les inondations : Un éternel recommencement au Sénégal

Chaque année, à l’approche de l’hivernage, les autorités sénégalaises annoncent une mobilisation exceptionnelle contre les inondations. Cette fois encore, lors du Conseil des ministres du 06 mai 2026, le président de la République a demandé l’accélération des chantiers prioritaires et insisté sur la nécessité d’une meilleure prévention.

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Suite de l’article : Sur le papier, ces annonces peuvent sembler rassurantes. Pourtant, je demeure profondément sceptique face à cette communication répétitive qui revient presque à l’identique chaque saison des pluies. L’État semble davantage réagir dans l’urgence que construire une stratégie durable et efficace contre les inondations.

Le Sénégal n’en est pourtant pas à sa première expérience en la matière. Depuis plus d’une décennie, des milliards de francs CFA ont été annoncés pour financer des programmes d’assainissement, de drainage et de relogement des populations vivant dans les zones inondables. Malgré cela, des quartiers de Dakar, Pikine, Guédiawaye ou encore Touba continuent de subir les mêmes scènes de détresse : maisons englouties, routes impraticables, pertes matérielles considérables et parfois même des pertes humaines. Cette répétition traduit, selon moi, un problème structurel beaucoup plus profond qu’une simple question de pluviométrie.

Je remarque surtout que les annonces gouvernementales arrivent souvent tardivement. Exiger “l’accélération des chantiers” à quelques semaines de l’hivernage donne l’impression que les autorités découvrent soudainement l’existence d’un problème pourtant connu depuis des années. Une politique réellement préventive aurait dû permettre d’anticiper les travaux plusieurs mois auparavant, avec une planification rigoureuse et des objectifs mesurables. À force de fonctionner dans l’urgence, l’État entretient une gestion cyclique de la catastrophe plutôt qu’une véritable culture de prévention.

Ce constat est d’autant plus préoccupant que d’autres pays africains confrontés à des défis similaires ont commencé à adopter des stratégies plus cohérentes. Au Rwanda, par exemple, les politiques d’urbanisation tiennent davantage compte des risques environnementaux, tandis que certaines villes marocaines ont investi massivement dans des infrastructures modernes d’évacuation des eaux pluviales. Même si aucun système n’est parfait, ces exemples montrent qu’une vision à long terme peut réduire considérablement les dégâts.

Au Sénégal, j’ai parfois l’impression que les réponses publiques restent dominées par les effets d’annonce. Les Conseils des ministres se succèdent, les promesses aussi, mais sur le terrain, les populations continuent de vivre dans l’angoisse à chaque nuage menaçant. Beaucoup de citoyens ont désormais le sentiment que les projets avancent lentement, que certains chantiers traînent pendant des années et que les responsabilités sont diluées entre plusieurs structures administratives.

Je pense également que la lutte contre les inondations ne peut pas se limiter à des travaux techniques. Elle exige une politique d’urbanisme beaucoup plus stricte. Construire dans des zones naturellement exposées, laisser prospérer des occupations anarchiques ou négliger l’entretien des canalisations aggrave inévitablement la situation. Tant que ces problèmes ne seront pas traités avec fermeté, les milliards investis risquent de produire des résultats limités.

En définitive, je considère que les nouvelles instructions présidentielles, bien qu’importantes dans leur principe, arrivent encore une fois dans un climat d’urgence qui fragilise leur crédibilité. Les Sénégalais n’attendent plus seulement des annonces ou des réunions gouvernementales ; ils attendent des résultats visibles, durables et mesurables. Après tant d’années de promesses répétées, la prévention des inondations doit enfin cesser d’être un discours saisonnier pour devenir une véritable priorité concrète.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 18/05/202
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