Je refuse de me laisser convaincre par la lecture trop lisse du message livré par Serigne Gueye Diop; derrière l’air rassurant se cache une volonté de minimiser une crise réelle et de camoufler des fractures internes.
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Suite de l’article : J’estime que présenter la situation comme une simple panique des adversaires revient à nier les manques de leadership et les tensions visibles qui rongent la coalition depuis plusieurs mois.
Le contexte est simple et pourtant lourd de sens: un grand meeting organisé le 9 mai, présenté comme un test de popularité, se tient sans la présence physique du président. La projection d’un message remplace la parole en chair et en os. À côté de cela, les tensions avec le Premier ministre restent un facteur d’instabilité. Dire aux militants que tout va bien, ou que seuls les ennemis sont affolés, ne répond pas aux questions que se posent les électeurs ni aux inquiétudes des membres. Cela ne résout pas les désaccords, cela les enterre sous une rhétorique convenable.
J’analyse cette posture comme une stratégie de diversion plutôt que comme une réponse politique. Dissimuler des problèmes internes derrière des formules rassurantes permet de garder une image unifiée à court terme, mais affaiblit la crédibilité à moyen terme. Quand les dirigeants évitent la confrontation des sujets sensibles, les rumeurs prospèrent, les cadres se fragilisent et les choix de gouvernance deviennent opaques. La communication qui réduit les critiques à des attaques extérieures transforme un débat interne nécessaire en simple guerre de communication.
Mon argument principal est le suivant: la coalition a besoin d’une approche honnête et courageuse, non d’un déni élégant. L’absence physique du président et le recours à une projection symbolisent plus qu’un simple imprévu logistique; ils témoignent d’un leadership qui fuit l’affrontement public des problèmes. Les militants réclament des réponses, des engagements concrets et des corrections de cap quand les décisions déçoivent. Leur adresser des messages de bravoure creuse encore l’écart entre l’appareil et la base.
Je souligne aussi le coût politique de cette attitude. Une pratique qui privilégie l’image sur le fond favorise la montée des doutes, réduit la confiance des partenaires et nourrit la narration d’une coalition désunie. La comparaison s’impose: traiter les divisions comme des battements d’aile d’ennemis, c’est comme colmater une coque de bateau avec de la peinture; la fuite continue, mais le navire paraît en ordre aux yeux des passagers pour un instant seulement.
Je veux approfondir ce diagnostic par quelques détails concrets. La tenue d’un meeting sans chef visible interroge la chaîne de commandement et la capacité à affronter des crises politiques. Les messages diffusés en substitut ne permettent pas de mesurer la réaction populaire ni d’engager un dialogue frontal avec les sceptiques. Quand les choix stratégiques restent brevetés dans des cénacles, la coalition perd la capacité de corriger rapidement ses erreurs.
Je termine en réaffirmant ma conviction: masquer les fissures ne sauvera pas la coalition, au contraire. Je demande que l’on arrête la sidération organisée et que l’on ouvre les discussions internes au public politique. Seule une mise au jour honnête des faiblesses permettra de reconstruire une crédibilité durable, retrouver l’adhésion des militants et transformer un pouvoir fragilisé en projet capable de durer. Je n’y crois pas si l’on continue à préférer l’illusion d’unité à la vérité du travail collectif.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Mor Diop.
Mis en ligne : 05/06/2026
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