La Senelec, opérateur public national d’électricité, a enregistré ces dernières semaines de fréquentes coupures à Dakar.
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Suite de l’article : Les interruptions, signalées dans plusieurs quartiers et liées pour l’entreprise à des « incidents techniques » et à des opérations de maintenance, ont affecté notamment le poste de Hann, point nodal du réseau régional. Les habitants et les commerçants dénoncent des délestages répétés et des pertes économiques récurrentes.
Face à ces perturbations, la colère monte et les questions s’accumulent: les explications techniques avancées par la Senelec suffisent-elles à rendre compte d’un réseau qui vacille? Pour de nombreux usagers, les justifications officielles rencontrent peu de crédibilité et nourrissent une suspicion sur les choix d’investissement passés.
Les conséquences immédiates sont documentées: commerces de proximité perturbés, denrées réfrigérées perdues, appareils ménagers endommagés, bureaux et ateliers contraints de ralentir leurs activités pendant des heures. Des quartiers entiers ont connu des coupures presque quotidiennes, avec un coût direct pour les foyers et une perte de chiffre d’affaires pour les petites entreprises qui ne peuvent toujours pas se payer des groupes électrogènes. Senelec répète que « ces interruptions ne traduisent pas nécessairement un déficit de production, mais plutôt des contraintes liées à un réseau en modernisation et parfois soumis à des incidents techniques imprévus ».
Plusieurs éléments factuels orientent l’analyse vers un problème d’investissements. Le poste de Hann, cité par l’opérateur, est ancien et central; l’impact d’une panne sur ce poste révèle une topologie du réseau peu résiliente. Des interventions répétées de maintenance indiquent aussi une gestion du risque axée sur la réparation à court terme plutôt que sur la modernisation systémique. Les pertes techniques et commerciales dans la distribution, évoquées depuis des années par des observateurs du secteur, restent un frein à la capacité d’autofinancement des infrastructures.
L’effet économique se manifeste différemment selon les acteurs. Pour un ménage, une coupure provoque la détérioration d’aliments, la perte de confort et des dépenses imprévues pour l’achat de solutions de secours. Pour une petite entreprise, la même coupure conduit à l’arrêt d’un atelier, à l’annulation de commandes ou à des coûts de production plus élevés, parfois irréversibles. Cette comparaison met en lumière l’inégalité des impacts et la fragilité des plus petits face aux défaillances du service.
Des exemples concrets renforcent le diagnostic: interventions ponctuelles sur des postes stratégiques, communication centrée sur des incidents isolés, et recours fréquent à des équipes de dépannage plutôt qu’à des projets de renforcement à grande échelle. Des analystes du secteur appellent à des investissements ciblés dans la transmission, la redondance des postes et la modernisation des réseaux de distribution pour réduire la vulnérabilité. À l’échelle internationale, des compagnies publiques qui ont accru leur effort d’investissement ont réduit la fréquence des pannes; la corrélation entre modernisation et fiabilité est régulièrement observée.
La lecture factuelle s’impose: les coupures récurrentes à Dakar ne se réduisent pas à des accidents techniques isolés lorsqu’elles proviennent d’un point nodal vieillissant et d’un modèle d’intervention basé sur la réactivité. Les indices d’un sous-investissement structurel sont tangibles et ils pèsent sur le budget des ménages ainsi que sur la compétitivité des petites entreprises. Si les causes techniques existent, elles semblent s’inscrire dans un paysage plus large d’arbitrages budgétaires et de priorités d’investissement qui fragilisent le réseau et alimentent des coûts économiques durables pour la population.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Mbaye Diop.
Mis en ligne : 07/06/2026
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