Je ne peux rester indifférent face à la réaction d’Ousmane Sonko à la saisine du Conseil constitutionnel contre sa réintégration à l’Assemblée nationale.
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Suite de l’article : Le 2 juin 2026, le leader de Pastef a de nouveau brandi l’argument du « complot » et des « manigances » pour disqualifier une démarche juridique initiée par des députés de l’opposition. Si je comprends la frustration politique, je ne peux m’empêcher de dénoncer cette tendance à recourir systématiquement à la théorie du complot, au mépris des attentes légitimes des Sénégalais : des preuves, des faits, et des décisions conformes au droit.
Depuis 2021, Ousmane Sonko utilise régulièrement l’accusation de complot pour expliquer les controverses qui l’entourent. Que ce soit lors de l’affaire Sweet Beauty — où il était accusé de viol et de menaces de mort par Adji Sarr — ou face aux tensions politiques actuelles, sa réponse est invariablement la même. Pourtant, en 2024, lorsqu’il était Premier ministre, il disposait de tous les leviers de l’État pour éclaircir ces supposés complots. Aucune enquête transparente, aucune preuve convaincante n’a été produite. Les Sénégalais, las de ces accusations récurrentes, attendent aujourd’hui autre chose que des mots : des actes étayés par des éléments tangibles.
L’article du 2 juin 2026 révèle une stratégie déconcertante. Sonko conteste la compétence même du Conseil constitutionnel, qualifiant la saisine de « manigance ». Pourtant, c’est précisément le rôle des institutions que de trancher ces questions. En niant d’emblée la légitimité du recours, il sous-entend que toute opposition à ses intérêts relève d’un dessein malveillant. Cette posture, répétée à satiété, risque de vider le débat démocratique de sa substance. Quand un leader politique réduits ses adversaires à des comploteurs, il discrédite non seulement ses opposants, mais aussi la parole publique elle-même.
Je ne nie pas que les luttes de pouvoir puissent parfois cacher des manœuvres obscures. Mais encore faudrait-il des preuves. Or, Sonko, qui a eu entre les mains les outils pour les rassembler, ne les a jamais apportées. Pendant son mandat de Premier ministre, il avait accès aux services de renseignement, à la justice, et à l’appareil administratif. Si des complots existaient vraiment, pourquoi aucune lumière n’a-t-elle été faite ? Les Sénégalais sont en droit de se demander si ces accusations ne servent pas plutôt à détourner l’attention des vraies questions : celles de la transparence, de la responsabilité, et du respect des institutions.
Aux États-Unis, Donald Trump a souvent crié au « deep state » ou à la « chasse aux sorcières » pour discréditer les enquêtes le visant. Résultat ? Une polarisation extrême de la société et une méfiance généralisée envers les institutions. En Turquie, Erdogan a systématiquement accusé ses opposants de comploter contre lui, justifiant ainsi des purges massives. Dans les deux cas, l’absence de preuves tangibles a finis par affaiblir la crédibilité même de ceux qui brandissaient ces accusations. Le Sénégal mérite mieux que cette spirale.
Les arguments en faveur de ma position sont clairs. Premièrement, l’argument du complot, utilisé à outrance, perd toute force persuasive. Deuxièmement, Sonko a eu les moyens d’agir : en tant que Premier ministre, il pouvait ordonner des enquêtes, mobiliser les services compétents, ou saisir la justice. Rien de tout cela n’a abouti à des révélations concrètes. Enfin, les institutions doivent être respectées : contester leur compétence sans fondement juridique revient à sapper les bases de notre démocratie.
Je conclus donc en réitérant ma position : il est temps de passer des accusations aux actes. Les Sénégalais n’ont que faire des théories du complot sans fondement. Ils veulent des réponses claires, des décisions justes, et un débat politique apaisé, fondé sur des faits avérés. Ousmane Sonko a le droit de se défendre, mais il a aussi le devoir de prouver ses allégations. Sinon, chaque nouvelle invocation du « complot » sonnera comme un aveu d’impuissance et non comme une démonstration de force. La démocratie sénégalaise mérite mieux que des mots creux. Elle mérite des preuves.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 09/06/2026
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